Peter van den Velde chasse dans les mers arctiques

Le 29 septembre 2021, par Caroline Legrand

Grand peintre de marines, Peter van den Velde nous convie dans cette composition à une chasse à la baleine, une activité fort lucrative au XVIIe siècle.

Attribué à Peter van den Velde (1634-apr. 1687), Chasse à la baleine dans le Grand Nord, panneau, 58 81 cm.
Estimation : 10 000/12 000 €

Originaire d’Anvers, Peter van den Velde appartient à une importante famille de peintres flamands particulièrement connus pour leurs paysages et marines, deux genres en plein essor au XVIIe siècle. Nommé maître de la guilde de Saint-Luc en 1654, il épousa la fille du sculpteur Sebastian de Neve. Son œuvre témoigne de l’influence du maître Jan Peeters, mais dans une facture plus vigoureuse et des tonalités plutôt monochromes, privilégiant les bruns et les gris. On lui doit un grand nombre d’œuvres, notamment pour les Forchondt, marchands d’art anversois qui les exportaient en partie vers Vienne. Ses thématiques favorites sont les naufrages ou les batailles navales. Grâce au commerce florissant, à la découverte des routes maritimes et aux victoires militaires de la flotte des Provinces-Unies, les marines et bientôt les «portraits de bateaux» se font de plus en plus nombreux. Ils illustrent la richesse de leur propriétaire, lui permettant de la montrer à ses invités à travers sa collection de tableaux. C’est d’ailleurs sans doute un important armateur qui commanda ce panneau relatant une chasse à la baleine. De fiers vaisseaux, mais aussi des hommes sur des chaloupes s’attaquent aux grands mammifères dans cette scène impressionnante où les nuages du ciel se mêlent aux flots de la mer. Cette pratique est devenue une tradition aux Pays-Bas avec l’exploration de l’Arctique par le navigateur Willem Barentsz, au XVIe siècle. Les Néerlandais réclament dès lors le droit exclusif de chasser dans ces eaux. Très rentable, l’activité a connu un bel essor au siècle suivant. Au milieu du XVIIe siècle, on dénombre soixante-dix baleiniers aux Pays-Bas, chiffre qui frôlera les deux-cent-cinquante à la fin du siècle… Leur cible favorite était la baleine boréale, qu’ils pêchaient dans les eaux au large du Spitzberg. Très grasse, celle-ci produisait une grande quantité d’huile. Avec l’arrivée d’une importante concurrence, et des difficultés politiques, le XIXe siècle amorçait le déclin des baleiniers néerlandais.

Agenda
Hauts de 121 cm, une paire de motifs de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle en marbre, à décor en haut relief d'Hercule revêtu de la peau de Némée, dans des encadrements de rocaille et volutes, pourrait bien atteindre les 20 000/25 000 €. Mais ce sont des tableaux qui devraient marquer les temps forts le dimanche 3 octobre, avec notamment une belle nature morte de l'artiste flamand Jan Frans Van Dael (1764-1840), Roses et pensées dans un vase de verre sur un entablement (10 000/15 000 €), une œuvre de l'école hollandaise du XVIIe, Le Banquet (même estimation), ou encore une impressionnante Chasse à la baleine dans le Grand Nord, attribuée à l'Anversois Peter van de Velde (10 000/12 000 €). Des autres sections, nous retiendrons une console Louis XVI en bois laqué, sculpté et doré à motifs de frises d'entrelacs, nœuds, rubans et frises feuillagées (10 000/11 000 €), ou un surtout de table en argent à décor en ronde bosse de trois allégories des sciences et de la technique, de l'orfèvre autrichien du XIXe Josef Carl Klinkosch (8 000/12 000 €).
dimanche 03 octobre 2021 - 10:30 - Live
Lille - 14, rue des Jardins - 59000
Mercier & Cie
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