Wolfgang Paalen, chamane de l’avant-garde

Le 24 juin 2021, par Sophie Reyssat

La fumée se mêle aux couleurs dans cette abstraction tellurique ouvrant les portes d’un autre monde.

Wolfgang Paalen (1905-1959), La Rosée de mai, 1953, huile et fumage sur toile, 46 65 cm.
Estimation : 35 000/45 000 

Réservé à l’art moderne et contemporain, ce dimanche met notamment en avant un peintre assez rare sur le marché français, l’Autrichien Wolfgang Paalen. C’est à Paris, qu’il s’est lancé dans des expérimentations avant-gardistes. Deux ans après son arrivée, en 1928, il fréquente déjà le groupe abstraction-création avec Jean Hélion, et en 1935, il fait la rencontre d’André Breton. Il participera ainsi à la première installation de l’histoire de l’art, réalisée en collaboration avec Marcel Duchamp, Salvador Dalí et Man Ray, pour l’exposition internationale du surréalisme de 1938. Mais sa grande innovation est la technique du «fumage», développée en 1936 et utilisée toute sa vie. Elle consiste à passer une feuille ou une toile au-dessus de la flamme d’une bougie pour qu’elle y dépose ses traces aléatoires de noir de fumée. Elles servent de trame à sa composition, qu’il élabore ensuite en ajoutant des coups de pinceau colorés, et, comme ici, des traces de peinture blanche tout droit sortie du tube et étalée au couteau. Réalisée en 1953, cette Rosée de mai transporte le spectateur au cœur de ses centres d’intérêt, théorisés dans sa revue d’art Dyn, parue entre 1942 et 1944 : la physique quantique, le totémisme et les peintures rupestres. Il a d’abord découvert ces dernières dans les grottes d’Altamira, en Espagne, en 1933, puis dans celles du Quercy, lors de son séjour à Saint-Cirq-Lapopie avec Breton, dans les années 1950. Retour à la figuration avec Jean Souverbie et ses Baigneuses de 1927, dont l’avant-gardisme des formes synthétiques est tempéré par le classicisme de la composition et du sujet. Entre 100 000 et 150 000 € seront nécessaires pour décrocher cette toile de 1927, correspondant à la période de ses premiers succès (83,5 102,5 cm).

Agenda

La fourchette d’estimations sera large, débutant à quelques centaines d’euros pour les dessins proposés dès 11 h, pour passer la barre des 100 000 € avec Jean Souverbie, dont Les Baigneuses de 1927 seront présentées l’après-midi. Bernard Buffet permettra de se faire plaisir à différents budgets, environ 10 000 € étant attendus pour sa Grive dessinée en 1958, contre quelque 60 000 € pour ses Iris dans un vase peints vers 1961. Les avant-gardes seront au rendez-vous avec Wolfgang Paalen, mêlant fumage et huile pour styliser la texture d’une Rosée de mai en 1953 (35 000/45 000 €). D’Armand Guillaumin à Jean Metzinger, et de Cassis à Pontgibaud, des paysages hauts en couleur seront proposés (respectivement autour de 42 500 et 20 000 €). Théophile Alexandre Steinlen fera entrer chacun dans la danse avec son Bal immortalisé vers 1895 (18 000/25 000 €).

dimanche 27 juin 2021 - 11:00 - Live
Versailles - Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud - 78000
Osenat
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