Dans l’intimité de Raffaëlli

Le 05 mars 2020, par Claire Papon

Provenant de sa descendance, une cinquantaine d’œuvres et documents du peintre naturaliste sont proposés, dont ce séduisant portrait de sa fille.

Jean-François Raffaëlli (1850-1924), Portrait de Germaine, fille de l’artiste, huile sur toile, 48,36 48,5 cm.
Estimation : 2 000/3 000 

Il n’est pas le plus attendu semble-t-il, mais il est certainement le plus charmant, tant pour le profil délicat du modèle et sa palette que pour l’impression de fugacité qu’il dégage. Daté du 18 mars 1882, il est dédicacé à l’épouse de l’artiste. Peintre des paysans, des travailleurs et des petites gens de la banlieue parisienne, Raffaëlli fut aussi celui du boulevard Haussmann animé de calèches et d’élégantes. Il avait, paraît-il, l’habitude de peindre dans les rues de la capitale assis dans un fiacre dont le dossier du siège du cocher lui servait de chevalet… Figure majeure, avec Jules Bastien-Lepage et Pascal Dagnan-Bouveret, du courant naturaliste, où prime l’observation minutieuse du sujet, Raffaëlli laisse des portraits de Georges Clemenceau, Edmond de Goncourt, Jules Dalou. Sans oublier son album Types de Paris, où ses dessins des petits métiers de la ville répondent aux textes de Daudet, Mirbeau, Zola ou Maupassant… Comptez 50 à 150 € pour ses eaux-fortes et pointes-sèches, 6 000/8 000 € pour une Nature morte aux marguerites, 4 000/5 000 € pour une Jeune Bretonne aux sabots, datée 1877, de quelques dizaines à 300 € pour des médailles, papiers, photos et boîtes de couleurs ou encore 1 000/1 500 € pour un portrait de Raffaëlli par Jean-Joseph Weerts (1911). Une façon de remettre en lumière cet artiste, reconnu de son vivant par ses pairs, apprécié du public et des instances officielles, mais dont la postérité fut un peu ternie par l’aura des impressionnistes.

Panorama (avant-vente)

Image de la sérénité

30 000/40 000 € seront requis pour emporter cette figure de bouddha Amitabha en bronze doré, de l’époque de l’empereur Zhengtong. Par sa datation (1442), cette œuvre est un témoignage important du style du début de dynastie Ming : plissé particulier de la robe – notamment celui barrant la poitrine en partant de l’épaule gauche –, visage carré et large, lobes des oreilles allongés, yeux mi-clos profondément incisés, arcades sourcilières arquées… Rapportée de Chine à la fin du XIXe siècle, notre sculpture (h. 29,5 cm) fut offerte à la grand-mère de la propriétaire actuelle. Elle est proposée vendredi 13, salle 4 à Drouot, par Farrando OVV (M. Delalande expert).

Agenda
Près d'une vingtaine d'estampes de James Abbott Whistler (1834-1903) ponctuent le début d'après-midi. Leurs sujets ? Quelques nus et portraits mais surtout des vues de ports outre-Manche, estimées 150 à 1 500 €. L'artiste anglais cède la place à Jean-François Raffaëlli (1850-1924) dont un ensemble de tableaux, gravures, sculptures et souvenirs proviennent de la succession d'une de ses descendantes (est. 100 à 6 000/8 000 €). Dans un tout autre genre, il faudra prévoir 10 000/15 000 € pour espérer décrocher une gouache d'Hassan El Glaoui (1924-2008), La Garde royale. L'enchère suivante à cinq chiffres est prévue au chapitre des arts asiatiques sur un bouddha Amithaba en bronze doré d'époque Zhengtong, assis en padmasana sur un double socle lotiforme, vêtu d'une robe monastique laissant apparaître une partie de sa poitrine. Il est annoncé à 30 000/40 000 €. Un peu plus loin, on a retenu une grande peinture (en rouleau) chinoise, d'époque XIXe, à l'encre et couleurs sur soie, décorée dans le style des Yuan d'une caravane de cavaliers, cavalières et chameaux dans un paysage arboré. Conservé au château de la Caunelaye dans les Côtes d'Armor, elle est estimée 10 000/15 000 €. On ne quitte pas la Chine et l'on poursuit même avec la collection d'éventails réunie par le père de Madame C., auprès de Jean-Pierre Dubosc (1904-1988), gendre du célèbre marchand d'art Ching Tsaï Loo (1880-1957), diplomate à l'ambassade de France à Pékin. Comptez entre 1 500 et 3 000 € pour repartir avec ces peintures à l'encre sur papier doré de l'époque de la dynastie Qing, ornées de fleurs ou de paysages. Des objets d'art et du mobilier classique ponctuent la fin d'après-midi dont une jardinière (ronde) fin XIXe, en bronze et émail cloisonné d'inspiration chinoise, une pièce à rapprocher des productions de la maison Christofle et de l'architecte et théoricien Émile Reiber dont 3 000/4 000 € sont demandés.
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