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Un ange plein de promesses de Bernhard Strigel

Publié le , par Caroline Legrand

Inédite, cette peinture du maître allemand Bernhard Strigel constitue le temps fort de la semaine. Une œuvre à la jonction de la période gothique et de la Renaissance… qui sera l’objet de toutes les convoitises. 

Un ange plein de promesses de Bernhard Strigel
Bernhard Strigel (1460-1528), Ange vêtu d’une tunique jaune tenant un encensoir, panneau de chêne, 48,8 61,2 cm.
Estimation : 600 000/800 000 
Adjugé : 3 472 000 €

Découverte lors d’un inventaire pour assurance dans la région de Toulouse, cette peinture de la Renaissance allemande s’est tout de suite révélée comme un chef-d’œuvre aux yeux des commissaires-priseuses puis des experts (voir l'article Une offrande de Noël de Bernhard Strigel de la Gazette n° 45 de l’année 2021, couverture, page 6 et page 10). Ce tableau se trouve dans la même famille depuis une centaine d’années. Son historique nous est partiellement révélé, puisqu’il est apparu en France au début du XIXe siècle, lors de la vente de la collection Dubois à Paris en 1816, avant de passer dans celle du comte de Saint-Morys puis du marchand Berthon, dont la vente de cessation d’activité eut lieu en 1845. Mais des zones d’ombre demeurent : comment expliquer son arrivée dans la région toulousaine et son départ d’Allemagne pour l’Italie, où le directeur général de la police à Florence à partir de 1809, François-Louis-Esprit Dubois — ancien juge au tribunal de Colmar et commissaire général de police à Lyon —, l’aurait acquis puis rapporté en France avec l’ensemble de sa collection ? Avec son pendant L’Ange thuriféraire, peint sur un panneau de chêne de mêmes dimensions et dans un style similaire, qui fut vendu plus de 1 M€ le 11 avril 2008 à Drouot (Jean-Marc Delvaux OVV), il aurait fait partie d’un ensemble monumental, celui du retable de Notre-Dame de Memmingen, qui fut démantelé vers 1520 par la Réforme. C’est dans cette ville bavaroise que Bernhard Strigel a fait une grande partie de sa carrière, voyageant également à Vienne et Innsbruck. Nonobstant ses portraits de l’empereur Maximilien Ier, ses représentations de l’aristocratie souabe, et malgré ses nombreux retables, il resta dans l’ombre de deux grands compatriotes, Albrecht Dürer et Lucas Cranach… À coup sûr, cet ange milite pour une consécration mondiale de son travail, qui sut évoluer au fil de sa carrière, se plaçant à la frontière entre la période gothique tardive et la Renaissance. Si son trait fin d’orfèvre et ses couleurs éclatantes sont ancrés dans le gothique, la composition très architecturée, les contrastes de tons, le travail exceptionnel du drapé et la monumentalité donnée à la figure — placée au premier plan alors qu’un paysage presque fantastique occupe le fond à la manière d’Altdorfer — en réfèrent plutôt à la Renaissance… Un ange annonciateur d’un avenir prometteur.

Agenda

Un seul et unique lot est présenté à Toulouse, mais pas n'importe lequel : un Ange vêtu d'une tunique jaune tenant un encensoir du maître allemand Bernhard Strigel (1460-1528). Objet de la couverture de la Gazette n° 45 de 2021, d'un encadré page 6 et d'un article page 10 du même numéro, cette peinture d'exception est attendue à 600 000/800 000 €. Provenant sans doute d'un ensemble monumental démantelé sous la Réforme, cet ange thuriféraire était accompagné à l'origine d'un autre qui passa en vente à l'Hôtel Drouot en 2008 et fut acquis pour 1,1 M€ par le Louvre Abu Dhabi.

vendredi 04 février 2022 - 16:00 (CET) - Live
Chapelle des Carmélites, 1, rue du Périgord, - 31000 Toulouse
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