Un bel automne dans l’Yonne par Picabia

Le 30 septembre 2020, par Claire Papon

Les œuvres impressionnistes de Picabia sont parmi ses plus recherchées. Tous les espoirs sont donc permis pour cette toile exécutée en 1906 à Villeneuve-sur-Yonne.

Francis Picabia (1879-1953), Laveuse, Villeneuve-sur-Yonne, effet d’automne, 1906, huile sur toile, 47 55 cm.
Estimation : 40 000/60 000 

La scène est immuable de cette jeune femme occupée à laver le linge dans l’eau de la rivière. En s’installant quelques mois vers 1906-1907 dans le pittoresque village de Villeneuve-sur-Yonne, Francis Picabia met ses pinceaux à l’école de ses aînés Camille Pissarro, Claude Monet et surtout Alfred Sisley. Entamant une période prolifique, il observe la nature avec sensibilité et une «attention aiguë à la lumière», comme le note George Isarlov dans Picabia peintre, en 1929. La touche est fluide, le cadrage habile, qui conduit l’œil du spectateur de la silhouette féminine aux peupliers se détachant sur un ciel alourdi de nuages dont on imagine la course. En 1905, Gustave Danthon lui offre, dans sa prestigieuse galerie du boulevard Haussmann, un contrat d’exclusivité et la première de ses trois expositions personnelles. La critique comme le public sont enthousiastes. Dès 1908 toutefois, l’artiste prend le chemin du pointillisme, puis du fauvisme. La rupture est consommée avec le galeriste qui, le 8 mars 1909, organise une vente à Drouot. La préface enthousiaste est signée de l’avocat, historien et critique d’art Léon Roger-Milès, un des premiers à soutenir l’artiste. Notre toile y figure sous le numéro 62. Elle est adjugée 150 F. «Chose curieuse, tout fut acheté par des amateurs et pas un seul numéro ne fut adjugé à un marchand», écrit Danthon. En sera-t-il de même aujourd’hui ? Réponse dans quelques jours.

Panorama (avant-vente)

Totalement piqué

000 à 5 000 € sont espérés de cette boîte en écaille piqué d’or et de nacre (5,2 11 cm) faisant partie d’une collection constituée à la fin du XIXe, proposée mardi 6, salle 1 à Drouot par Coutau-Bégarie (MM. de Lencquesaing, Martel, experts). Exécuté à Naples probablement dans les prestigieux ateliers de Giuseppe Sarao vers 1725-1735, ce petit écrin offre un décor de scène à l’antique dans des ruines, aussi raffiné que son intérieur, composé d’un plateau escamotable orné de volatiles stylisés sur fond de motif géométrique à la Berain.

Agenda
15 000/20 000 €, telle est l'estimation annoncée mais qui pourrait bien être dépassée (successivement) de deux assiettes en émail peint polychrome de Jean Limosin (Limoges, fin du XVIe siècle) d'une série inédite des Césars à cheval. L'une met en scène l'empereur Vespasien sur un cheval blanc (voir couverture Gazette n° 28, page 6), l'autre Vitellius sur un cheval bleu portant le sceptre d'Imperator. Cette vente pourrait bien réserver d'autres surprises. On surveillera ainsi une peinture polychrome et or sur panneau de bois laqué de Phan Hau, Pagode du Tonkin acquise auprès de l'artiste en 1939-1940 lors d'une exposition organisée par l'École des beaux-arts d'Indochine et restée à Paris (40 000/60 000 €), un ensemble d'assiettes et de plats en porcelaine polychrome et or de Meissen à décor de chinoiseries (5 000 à 15 000 €), et une petite collection de boîtes, coupe et étui en écaille piquée d'or napolitaine du XVIIIe (est. 400 à 4 000 €). On retiendra son souffle enfin côté cimaises pour la redécouverte d'une toile de Jean-Léon Gérôme, Paestum, troupeau de buffles (15 000/20 000 €, voir couverture Gazette n° 33, page 6) et pour un paysage impressionniste de Francis Picabia, Laveuse, Villeneuve-sur-Yonne, de 1906 (40 000/60 000 €). Si les œuvres contemporaines se comptent ici sur les doigts d'une main, il faudra lever celle-ci à hauteur de 13 000/15 000 € pour espérer décrocher une épreuve d'artiste (1/4, bronze, fonte de Bocquel) de Petite femme, 2000 de Wang Keping.
mardi 06 octobre 2020 - 14:00 - Live
Salle 1 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Coutau-Bégarie
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