Un manuscrit carolingien

Le 21 avril 2021, par Sophie Reyssat

Ce feuillet de collectaire donne un aperçu des pratiques religieuses et scripturales du IXe siècle.

Seconde moitié du IXsiècle. Fragment d’un collectaire carolingien, feuillet manuscrit sur parchemin, 13,5 21,5 cm, écrit au recto et au verso sur vingt-six lignes par page, initiales vertes et rouges, rubriques en écriture onciale et texte en minuscule caroline. Estimation : 8 000/10 000 

Il a traversé près de douze siècles pour parvenir jusqu’à nous et témoigner de l’intense activité des scriptoriums monastiques de l’époque carolingienne. La réforme religieuse de Pépin le Bref, initiée en 742 ou 743, a eu pour conséquence de multiplier les abbayes, et la place centrale donnée à l’écrit par Charlemagne a favorisé la production de toutes sortes de manuscrits, luxueux ou d’un usage quotidien. La lecture est en effet omniprésente dans la règle de saint Benoît régissant la vie des moines, et la copie des textes est l’une de leurs tâches journalières. Cette page liturgique est ainsi tirée d’un collectaire recueillant les oraisons devant être prononcées pendant la messe. Elles variaient selon les fêtes, comme le montrent les six courtes lectures tracées ici, correspondant à la fin de la Pentecôte, la Saint-Jean ou encore l’Assomption de Marie. Afin de hiérarchiser l’information, l’onciale a été choisie pour les rubriques. Cette écriture romaine, en lettres capitales arrondies, était destinée à magnifier les textes sacrés pour les différencier de l’écriture populaire. La caroline est réservée aux textes. Créée à partir de 770, elle s’impose comme graphie officielle en 789. Grâce à elle, le contenu gagne en lisibilité : les formes simplifiées sont régulières, les mots et les lignes sont espacés. La ponctuation est systématisée et le point d’interrogation naît à la même époque.

Agenda

Dispersant notamment l’entier mobilier d’une belle demeure de Maisons-Laffitte, cette vente débute avec une rareté, un feuillet de collectaire carolingien de la seconde moitié du IXe siècle (8 000/10 000 €). Parmi plus d’une centaine de tableaux, une Vue du port du Havre, peinte par Jules-Achille Noël en 1872, se démarquera autour de 7 000 €. Dans la même estimation, une fonte d’édition ancienne de Daubrée fait l’Autoportrait charge de Christophe Fratin, des animaux plein les poches. Ces derniers seront nombreux parmi la soixantaine de bronzes. Jan et Joël Martel lui ont préféré la chaleur du palissandre pour sculpter leur Belette (8 000/10 000 €). Les animaux sauvages défileront également sur un tapis persan, tissé vers 1860 dans le village de Raver, proche de Kirman (2 500/3 000 €).

samedi 24 avril 2021 - 14:30 - Live
Saint-Germain-en-Laye - 9, rue des Arcades - 78100
SGL Enchères - Frédéric Laurent de Rummel et Peggy Savidan
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne