Objets très prisés, de l’Antiquité à l’Empire

Le 17 décembre 2020, par Sophie Reyssat

Les siècles défilent au gré des icônes des arts classiques, jusqu’aux souvenirs de l’ère napoléonienne.

Premier Empire, tabatière de présent en or, au chiffre «N» de Napoléon Ier sur le couvercle, sur fond de quadrillage façon vannerie, frise florale et rosaces en émail bleu, poinçons d’Étienne-Lucien Blerzy et Bernard Armand Marguerite, gravée «Marguerite Joailier de la Couronne & de leurs Majestés Impériale», poinçon d’essai «Tête de bébé 2», 2  6,4 cm, poids brut 153 g, écrin d’origine.
Estimation : 10 000/15 000 

Cette journée, consacrée au mobilier et aux objets d’art, se divise en deux volets de près de 200 numéros chacun. Le premier, débutant dans l’Antiquité, suit une évolution chronologique pour passer les siècles au crible. Alors que de grands classiques sont à l’honneur, comme une table à écrire d’époque Louis XV estampillée par Simon Oeben (22 000/26 000 €), la fantaisie sera au rendez-vous avec un miroir vénitien octogonal de la fin du XVIIIe siècle, dont le cadre de verre, orné de frises florales ponctuées de boutons de fleurs bleues, soutient trois bras de lumière (10 000/12 000 €). Depuis l’époque des campagnes d’Italie, il appartient à une famille dont l’un des membres était intendant des domaines impériaux. Le second volet de l’après-midi, débutant à 16 30, est justement consacré à l’Empire, dont cette tabatière constitue un bel emblème. Elle aurait été offerte par Napoléon à un ancêtre de son propriétaire actuel, en remerciement de services rendus. Il était facile à l’Empereur de faire de tels cadeaux, ce grand consommateur de tabac ne se déplaçant pas sans tabatière. Il en commandait fréquemment pour en avoir toujours sous la main, dans sa chambre comme en campagne. En tant que l’un des principaux orfèvres et joailliers de la maison impériale, Bernard Armand Marguerite, installé rue Saint-Honoré à l’enseigne du Vase d’or, a ainsi livré une centaine de boîtes en or à Napoléon et à Joséphine, à partir de 1806. Ornées de leurs chiffres ou de leurs portraits, elles étaient destinées à être offertes. Il les a réalisées en collaboration avec Nicolas Huguet et, comme pour ce modèle, avec Étienne-Lucien Blerzy. En 1807, pour une autre commande de cinquante tabatières, il a travaillé avec Nitot et fils. Non officiel, le poinçon «Tête de bébé 2», apposé sur celle-ci, a été employé par les orfèvres parisiens à partir de 1798, pour leurs luxueuses créations en or de deuxième titre.
 

Si le canivet est traditionnellement une image pieuse, celui-ci, montrant les scènes de la vie de Napoléon à Sainte-Hélène, fait la démons
Si le canivet est traditionnellement une image pieuse, celui-ci, montrant les scènes de la vie de Napoléon à Sainte-Hélène, fait la démonstration de la vénération pour Bonaparte. Ce minutieux travail, fait de papier découpé à la pointe de graveur et de soie, et protégé par une cloche de verre, a été réalisé à l’époque du retour de ses cendres (63,5 57 23,5 cm, 3 000/5 000 €, M. Degrave, expert). Sous un mausolée abritant la statue de Napoléon Ier, la vie quotidienne à Longwood se déroule au premier plan. L’Empereur figure au centre, au-dessus de la fontaine de M. Torbett, à laquelle il aimait se désaltérer après sa balade à cheval. À droite, on reconnaît le saule pleurant sur son tombeau.
En parfait état, cette micromosaïque (diam. 7,3 cm) romaine de la fin du XVIIIe siècle est attribuée à Giacomo Raffaelli (1753-1836). Virt
En parfait état, cette micromosaïque (diam. 7,3 cm) romaine de la fin du XVIIIe siècle est attribuée à Giacomo Raffaelli (1753-1836). Virtuose de cette technique tout en minutie, il s’est notamment rendu célèbre pour les cadeaux diplomatiques commandés par Pie VII pour le sacre de Napoléon, en 1804. Ce tableau de minuscules tesselles, attendu entre 12 000 et 15 000 €, figure une chasse à l’auroch dans un paysage arboré animé d’un cavalier. La dague à la main, il est accompagné par quatre chasseurs tenant des épieux. L’un d’eux est tombé sous les sabots de la bête, provoquant la panique d’un personnage grimpé dans un arbre, tandis qu’un piqueur donne l’alerte en sonnant du cor.
Représentée grandeur nature (h. 158 cm), cette Vénus pudique, dite «Vénus Médicis », a été taillée dans le marbre blanc par un sculpteur f
Représentée grandeur nature (h. 158 cm), cette Vénus pudique, dite «Vénus Médicis », a été taillée dans le marbre blanc par un sculpteur français de la fin du XVIIe siècle (60 000/80 000 €). Conservée dans la même famille depuis les années 1950, elle est réputée avoir été restaurée par le sculpteur Paul Landowski, qui dirigea la villa Médicis, à Rome, de 1933 à 1937. Elle reprend un modèle antique conservé à la galerie des Offices, à Florence, et qui dérive lui-même du célèbre modèle de l’Aphrodite de Cnide. Beauté idéale devenue référence esthétique, la déesse n’a cessé d’être copiée. Louis XIV lui-même en avait commandé cinq versions pour embellir les jardins royaux.
Attendue entre 80 000 et 120 000 €, cette paire de candélabres en bronze à double patine (h. 82 cm) a orné le château de Louis Jean Baptis
Attendue entre 80 000 et 120 000 €, cette paire de candélabres en bronze à double patine (h. 82 cm) a orné le château de Louis Jean Baptiste d’Aurelle de Paladines, général et grand-croix de la Légion d’honneur. Façonnés dans la première moitié du XIXsiècle, ils sont emblématiques du style retour d’Égypte. Coiffée du traditionnel némès des pharaons, chacune des femmes porte une urne d’où s’échappent quatre bras de lumière terminés par des têtes de béliers et de loups. Des sphinges ornent les bobèches dotées d’une anse. Le socle emprunte quant à lui les sujets de ses bas-reliefs à la mythologie grecque : Diane pour l’un, et Endymion pour l’autre.
Agenda
À 16 h 30, débute une section réservée à l’Empire, sous les feux d’une paire de candélabres aux Égyptiennes de la première moitié du XIXe siècle (80 000/120 000 €). Le souvenir de Napoléon sera évoqué par une tabatière à son chiffre, offerte en présent (10 000/15 000 €). Attribuée à Isabey, une miniature sur ivoire du portrait de Joséphine est proposée autour de 5 000 €. Le goût néoclassique sera notamment illustré par une paire de vases fuseau en porcelaine, fabriqués par la manufacture de Dagoty vers 1805-1810, et ornés de personnages étrusques (12 000/15 000 €). Six gouaches reprenant des fresques de Pompéi, par Michelangelo Maestri, sont par ailleurs attendues autour de 9 000 €.
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne