Othon Coubine, Kisling, Kremegne et Kikoïne...

Le 29 avril 2021, par Claire Papon

Outre Kisling, Kremegne et Kikoïne, on croisera Pascin, Kvapil ou encore Marcoussis… mais surtout Othon Coubine

Othon Coubine (1883-1969), Le Garçon de café, huile sur toile, vers 1912, 55 32 cm.
Estimation : 60 000/80 000 

C’est au critique d’art André Warnod que l’on doit l’emploi, dans les années 1920, du terme «école de Paris» pour désigner les artistes étrangers attirés par la vitalité intellectuelle et culturelle de la capitale, comme par son atmosphère de liberté. D’école ou de doctrine il n’est pas question, mais bien de rencontres et d’échanges, au Bateau-Lavoir à Montmartre ou au café du Dôme à Montparnasse notamment. Un lieu d’effervescence et de recherches autour du cubisme et de l’abstraction… Contrairement à celles de Louis Marcoussis, arrivé de Varsovie en 1903, dont une huile fixée sous verre de 1921, Composition cubiste, plume et encrier, est ici estimée 30 000/40 000 €, les œuvres d’Othon Coubine passent assez peu souvent aux enchères françaises. Né en Moravie, formé aux académies de Prague et d’Anvers, Otakar Kubin voyage en France, en Belgique, en Italie, se rend à Munich en 1907 et y expose avec les expressionnistes du mouvement Der Blaue Reiter. Si les bouquets de fleurs, natures mortes et paysages de Provence sont plus courants, les tableaux comme ce Garçon de café sont les plus recherchés, car les plus rares et les plus marqués. Ses atouts ? Son époque d’abord – vers 1912, alors que le peintre fait de Paris sa résidence principale –, son style, bien sûr inspiré du cubisme, et enfin sa palette de couleurs vives et audacieuses. Apparaissant seul au monde dans cet intérieur qui n’évoque en rien l’effervescence d’un café parisien, notre homme au double visage, sorte de masque de face et de profil, pourrait susciter une enchère bien au-delà de son estimation. Cerise sur le gâteau, sa provenance : la collection de la sculptrice Chana Orloff (1888-1968) dans la descendance de laquelle il est resté. D’origine ukrainienne, arrivée à Paris en 1910, celle-ci rencontre de nombreux artistes – Picasso, Modigliani, Apollinaire… – et connaît rapidement le succès avec ses portraits de personnalités du monde des arts, en Europe, aux États-Unis, en Israël, où elle participe, au début des années 1930, à la création du musée de Tel-Aviv.

Agenda
Il ne sera pas nécessaire d'attendre bien longtemps pour assister –probablement – à une belle bataille d'enchères : 30 000/40 000 € sont attendus d'une Composition cubiste, plume et encrier de Louis Marcoussis datée 1921, 60 000/80 000 € l'étant d'une toile d'Othon Coubine, Le Garçon de café, produite vers 1912. Ces deux œuvres, ainsi qu'un Buste de femme sur fond vert de Georges Kars (3 000/4 000 €), sont conservés dans la descendance de la sculptrice Chana Orloff. L'après-midi étant consacré à l'école de Paris, on suivra un Autoportrait en marin de Zygmunt Menkès, exécuté en 1925 probablement dans le sud de la France, où l'artiste aimait se rendre pour peindre (25 000/30 000 €), un imposant Buveur de vin de Stanislas Eleszkiewicz à la palette de bruns et de blancs (1930, 4 000/6 000 €), ou une vue du Port de Collioure à l'aquarelle de Jean Peské (même estimation). Grâce à Mela Muter, on emboîtera le pas à des Promeneurs au bord du Rhône (vers 1945, 12 000/15 000 €), de Moïse Kisling, on tentera sa chance sur un Portrait de Renée Kisling – épouse de l'artiste – réalisé en 1915, année de leur rencontre (40 000/60 000 €), Jules Pascin réalisant celui d'Hermine David en rose (sa femme) en 1917 (30 000/40 000 €). Deux autres portraits sont encore à signaler : l'un féminin aux accents cubistes par Charles Kvapil, daté 1921 (7 000/8 000 €), l'autre étant un Autoportrait à la palette de 1922 d'Arcadie Lochalow, aux teintes sombres (6 000/8 000 €).
mardi 04 mai 2021 - 02:00 - Live
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Millon
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