Douze bronzes de Beethoven par Bourdelle

Le 15 octobre 2020, par Agathe Albi-Gervy

À l’occasion du 250e anniversaire de la naissance de Beethoven, douze portraits en bronze du compositeur allemand, conçus par Bourdelle, font leur première apparition sur le marché. Tous ont été acquis auprès de la fille du sculpteur.

Antoine Bourdelle, Beethoven aux deux mains, 1908, bronze à la cire perdue, fonderie Valsuani, inscrit « IIIV E.A. 1 » sur la base.
Estimation : 80 000/120 000 $

« Je suis tout ce qui est/Tout ce qui a été et tout ce qui sera/Nul homme mortel n’a levé mon voile/Beethoven. » Par ces mots inscrits sur la base du bronze, le sculpteur Antoine Bourdelle élève aux nues le génie du compositeur allemand. Telle l’apparition d’une image fantomatique, le visage d’un Beethoven tourmenté et décharné émerge du bloc de bronze. Nous sommes en 1908. Après avoir subi la forte influence de Rodin, Bourdelle se détache du modèle de son maître pour adopter une certaine simplification des formes et des modelés qui confine parfois à l’abstraction. Sa série de portraits en hommage à Beethoven, déroulée sur plus de quarante ans, rend compte de cette évolution. De sa jeunesse en 1887 à 1929, année de sa mort, l’artiste façonne plus de quatre-vingts sculptures de son idole. Son approche expressive capture l’essence même du compositeur autant que la vitalité de sa musique. De cette version-ci, surnommée le Beethoven aux deux mains, sept autres exemplaires ont été coulés en bronze, auxquels s’ajoute une version en granit conservée au musée Bourdelle à Paris. Il s’agit de l’un des douze bronzes de Bourdelle constituant un catalogue à part entière chez Freeman’s. Tous sont des portraits de Beethoven, objet de fascination de la part de leur propriétaire, Robert Becker, fondateur de la Beethoven Society de New York. Première organisation au monde honorant le compositeur, créée au début des années 1970, elle mécène des concerts mensuels programmant, au Lincoln Center de New York, des œuvres du génie allemand. À cette même époque, Robert Becker entame sa collection, à la suite d’une visite de l’atelier Bourdelle à Paris où il rencontre la fille du sculpteur, alors responsable du lieu, laquelle lui vendra un ou deux bronzes par an. Depuis lors, les douze œuvres ont demeuré dans son appartement privé. Aujourd’hui estimées entre 5 000 et 80 000 $, elles n’ont jamais été montrées au public. Notons que leur mise en vente coïncide avec l’exposition que le musée Bourdelle consacre, jusqu’au 17 janvier 2021, à l’obsession du sculpteur pour Beethoven.

Agenda

Douze bronzes inédits d'Antoine Bourdelle constituent un catalogue à part entière. Tous sont des portraits de Beethoven, objet de fascination de la part de leur actuel propriétaire, Robert Becker, fondateur de la Beethoven Society de New York. Ce dernier entame sa collection dans les années 1970, à la suite d’une visite de l’atelier Bourdelle à Paris où il rencontre la fille du sculpteur qui lui vendra dès lors un ou deux bronzes par an. Les douze œuvres, aujourd’hui estimées entre 5 000 et 80 000 $, sont toujours restées dans l'appartement new-yorkais des Becker et n’ont jamais été montrées au public.

mercredi 21 octobre 2020 - 10:00
Philadelphie - 2400, Market Street - 19103
Freeman's
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