Une pendule-montgolfière d'époque Louis XVI

Le 19 mai 2021, par Caroline Legrand

Les horlogers de l’époque Louis XVI ont eux aussi cédé à la mode du vol aérostatique, créant des pendules d’exception pour des clients de prestige.

Fin du XVIIIe siècle. Pendule dite « au ballon » en marbre blanc et bronze ciselé et doré, le balancier à la montgolfière, mouvement à fil de Pierre Robinet, cadran émaillé blanc aux chiffres arabes signé « Robinet à Paris », 59 35 20 cm.
Estimation : 15 000/20 000 

Dans les années 1780, le motif investit les arts et en particulier le monde de l’horlogerie. C’est en effet le 27 août 1783 que les frères Robert, Anne-Jean (1758-1820) et Nicolas-Louis (1761-1828), associés au professeur Jacques Charles, font voler le premier ballon à gaz d’hydrogène, celui reconnaissable dans cette pendule à sa résille de cordage reliant la voilure à la nacelle. Ce succès est suivi d’un second, le 1er décembre, cette fois pour un voyage habité. Jacques Charles et Nicolas-Louis Robert s’envolent depuis le jardin des Tuileries ; ils atteignent près de 600 mètres d’altitude, restent dans l’air deux heures, durant lesquelles ils parcourent quarante-quatre kilomètres pour atterrir dans la ville de Nesle-la-Vallée. Le 15 juillet 1784, les frères Robert reproduiront l’exploit en volant de Saint-Cloud à Meudon, avec à leur bord deux invités de prestige : Louis-Philippe II et le duc de Chartres. En ce siècle des Lumières et de l’essor des sciences, deux fratries – les Robert et les Montgolfier – se livrent une véritable guerre de l’aérostation. Joseph-Michel et Jacques-Etienne Montgolfier ont effectué quant à eux leur premier vol habité dans une montgolfière à air chaud le 21 novembre 1783, au château de la Muette. Ces démonstrations publiques avaient valeur d’actes politiques, vantant le pays moderne et inventif qu’était la France. Et pour propager cette image, horlogers et sculpteurs rivalisèrent eux aussi de savoir-faire et d’imagination pour créer des pendules inspirées de ces événements historiques.
 

Agenda
Le peintre dijonais Édouard Paupion (1854-1912) sera le régional de l'étape. Élève aux beaux-arts de sa ville, il monte à Paris en 1874, où il entre dans l'atelier de Gérôme. Il commence à exposer au Salon en 1877. S'il débute par des portraits, après ses voyages en Algérie et surtout en Italie, il se tourne ensuite vers des scènes de la vie quotidienne parfois rurales comme La Fileuse ou La Vendangeuse. Avec cette grande toile datée vers 1888, Jeune femme et enfant aux bulles de savon, le peintre nous plonge dans un univers onirique inspiré de l'Antiquité. 8 000/10 000 € seront à envisager pour cette œuvre provenant de la collection de Charles Édouard Langlois, baron de Septenville. Du reste de ce sommaire, citons une pendule dite « au ballon » de la fin du XVIIIe siècle, en marbre blanc et bronze ciselé et doré (15 000/20 000 €), une suite de six fauteuils lyonnais XVIIIe en bois sculpté, mouluré et peint à dossier à médaillons (6 000/8 000 €) et une importante vasque art déco, supportée par deux figures féminines nues (3 000/4 000 €). 
jeudi 27 mai 2021 - 18:00 - Live
Dijon - 13, rue Paul-Cabet - 21000
Sadde Hôtel des ventes de Dijon
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne