Une commode impériale russe

Le 18 mars 2021, par Claire Papon

Cette commode a appartenu à Catherine II de Russie la grande. Elle figurait par ailleurs dans la vente de la collection Paul-Louis Weiller...

Commode en placage de palissandre, bois de violette, ébène, bouleau de Carélie et filets d’argent, marqueté de quartefeuilles dans des croisillons en ivoire, argent repoussé, fondu et ciselé, plateau marqueté d’un médaillon au chiffre fleuri de Catherine II de Russie et aux angles de réserves aux armes de la Sibérie, travail russe vers 1762-1765, 77 103 54 cm.
Estimation : 250 000/300 000 

Greta Garbo l’appelait «Paul-Louis XIV». Pionnier de l’aviation, héros de la Grande Guerre, et bibliophile averti, Paul-Louis Weiller, mort centenaire en 1993, fut l’un de ces amateurs d’art ancien qui avaient les moyens de leurs ambitions et de leurs envies. «S’entourer de tout ce qui console sans aucune restriction», professait celui qui n’hésita pas à investir une partie de son immense fortune dans la rénovation du château de Versailles. Dans son hôtel des Ambassadeurs, dans le Marais, il recevait Richard Nixon, le prince Charles d’Angleterre, Sophia Loren et Maurice Béjart. Autant dire que la vente d’une partie de ses collections à l’hôtel Drouot du 5 au 8 avril 2011 (Gros & Delettrez) créa l’événement en totalisant 23 773 469 € et en enregistrant cinq enchères millionnaires. Malgré sa riche marqueterie de bois précieux, ivoire, métal et bronzes ciselés, son originalité et sa provenance, notre meuble ne trouvait pas preneur alors. Il avait appartenu à Catherine II, puis à la princesse Aurora Pavlovna Demidoff (1873-1904) avant d’être cédée (Sotheby’s, 21 au 24 avril 1969) avec le contenu de la villa Demidoff, à Pratolino, près de Florence. En 1973, le prince Paul de Yougoslavie (1893-1976), fils et héritier de la princesse Demidoff, le vend au commandant Weiller. Si l’on voit parfois des meubles russes, exécutés notamment par David Roentgen, fournisseur auprès des cours de Frédéric Guillaume II de Prusse et de la tsarine, généralement datés après 1770, rarissimes sont les productions de type Louis XV sur le marché français. Le musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg, conserve un meuble similaire, avec une marqueterie identique, au chiffre de Catherine II et des armes de Sibérie, mais aux pieds en métal doré et aux chutes à décor de branchages et non armoriées. Une absence de référence en ventes publiques donc, pour notre commode, qui devrait susciter une belle bataille d’enchères entre clients internationaux.

Agenda
À tout seigneur, tout honneur, commençons par la couverture du catalogue et la pièce la plus attendue :  la commode richement marquetée exécutée vers 1765, au chiffre de l'impératrice Catherine II de Russie, ayant figuré dans la collection de Paul-Louis Weiller, pour laquelle 250 000/300 000 € sont demandés. À ses côtés, on disputera autour de 60 000/80 000 € une paire d'urnes couvertes en porphyre pourpre mouluré et sculpté, probablement un travail romain d'époque Louis XIV. Les malchanceux pourront tenter leur chance sur une paire de vasques, de mêmes facture et époque. Elle est annoncée entre 50 000 et 70 000 €. Côté tableaux, on a retenu une toile à la belle lumière d'Antoine Ponchin figurant Les Martigues-Jonquière, barques de pêche devant l'église Saint-Genest (2 500/3 500 €), en vitrines, une ménagère en argent et vermeil à décor de filets et d'agrafes feuillagées et tores de lauriers (9 780 g), présentée dans son coffre de bois (10 000/12 000 €).
mardi 23 mars 2021 - 13:30 - Live
Salle 5-6 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Gros & Delettrez
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