Une douceur enfantine signée Émile Bernard

Le 11 février 2021, par Claire Papon

Difficile de ne pas être sensible à cette toile d’Émile Bernard, ou plutôt à cette jeune fille enveloppée dans un châle, sa poupée à ses côtés.

Émile Bernard (1868-1941), Jeune fille au châle à fleurs devant une tapisserie, 1908, huile sur toile, 122 121 cm.
Estimation : 10 000/15 000 

Ce tableau est inédit et atypique dans l’œuvre du Lillois Émile Bernard, ami de Van Gogh et Cézanne. Il n’en est pas moins séduisant. Le jeune modèle au visage si doux fixe le peintre mais ses pensées semblent ailleurs. On ignore son identité même si l’on imagine une proximité avec l’artiste. On ne sait s’il s’agit d’une commande, et le lieu de la scène, trop ordonné pour faire penser à un atelier, reste inconnu… Le peintre a représenté la jeune fille agenouillée, à la manière des madones, le visage légèrement penché, enveloppée dans un châle et un manteau, dont les plis se répandent sur le sol, devant une tapisserie au motif évoquant une annonciation. L’aspect décoratif du tissu à fleurs fait écho au sol parqueté. La perspective de ce grand format carré est donnée par les tableaux sur le mur du fond. Initiateur avec Gauguin de l’école de Pont-Aven, Bernard n’en admire pas moins l’art byzantin et médiéval, et la peinture italienne de la Renaissance. Cette belle découverte est désormais répertoriée dans les archives du peintre. Hasard ou non, une étude très achevée (sur toile, 78 98 cm) pour La Mort de Ravana – tableau conservé au musée des Grands-Augustins de Toulouse – attribuée à Fernand Cormon (1854-1924), prend elle aussi le chemin des enchères, estimée 8 000/12 000 €. Rappelons qu’Émile Bernard avait été l’élève de ce dernier.

Panorama (avant-vente)

J’irai revoir ma Normandie

Le 11 février 2021, par Claire Papon

Pour ceux – ou celles – qui ne connaîtraient pas le Cotentin, l’ensemble de paysages proposés vendredi 19, salle 1, à Drouot, par Beaussant Lefèvre (Mme Sevestre-Barbé, M. de Louvencourt), constitue une sympathique introduction. Morsalines, Barfleur, Valognes et surtout Saint-Vaast-la-Hougue ont inspiré les peintres Charles Auvray, Guillaume Fouace et Jean-Baptiste Antoine Guillemet (1843-1918), dont cette toile, Saint-Vaast-la-Hougue, le cul-de-loup (38 55 cm), du nom de la baie bordant la tour fortifiée par Vauban, est estimée 2 000/3 000 €.

Agenda
C'est autour de 4 000/5 000 € qu'est espéré un Portrait de Franz Liszt par Henry Scheffer, entre 300 et 3 000 € qu'il faudra lever la main pour s'offrir un paysage du Cotentin provenant de la collection de monsieur D. (Charles Auvray, Guillaume Fouace, Jean-Baptiste Guillemet, etc.). On poursuit avec une toile de Gustave Alaux, Aux îles, la danse (1 000/1 500 €), un séduisant portrait de Jeune fille au châle, signé Émile Bernard (10 000/15 000 €), une étude pour La Mort de Ravana attribuée à Fernand Cormon (8 000/12 000 €), et une huile sur carton de Paul Sérusier, Le Sourcier (6 000/8 000 €). Paul Signac pose son chevalet ou plutôt son carnet sur le port, à Port-Louis en Bretagne (aquarelle sur traits de crayon, 10 000/15 000 €), Claude Venard près du Sacré-Cœur, vue des toits de Paris (5 000/6 000 €), Hassan el Glaoui près de Cavaliers devant les remparts de Marrakech (vers 1970-1980, 8 000/12 000 €, gouache). Des arts graphiques, on passe aux arts décoratifs et notamment à un vase en dinanderie de cuivre et laque beige, noire et rouge, à décor géométrique, œuvre de Jean Dunand (2 000/3 000 €), un curieux secrétaire à abattant en bois exotique (William Morris ?, 1 500/1 800 €), sans bouder un grand lustre en métal à motif de plaques circulaires du mouvement Arts & Crafts (200/300 €).
vendredi 19 février 2021 - 01:30 - Live
Salle 1-7 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Beaussant Lefèvre
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