Du mobilier d’Émile Gallé et Louis Majorelle

Le 14 janvier 2021, par Claire Papon

Une toile de Matta, des œuvres de Folon et Topor, des verreries et du mobilier art nouveau font partie de la succession d’un couple de galeriste et éditeur parisiens.

Louis Majorelle (1859-1926), meuble à partitions en noyer mouluré et sculpté à une porte, un tiroir, niche ouverte et porte pleine, à fond de marqueterie de fleurs, 142 71 35 cm.
Estimation : 2 000/3 000 

«Ce qui dirige le choix de ma collection repose uniquement sur les émotions ressenties devant une œuvre, si différente soit-elle. La beauté d’une chose n’est pas toujours provoquée par la beauté», expliquait cette ancienne décoratrice aux Galeries Lafayette devenue galeriste rue Bonaparte, disparue il y a quelques années. Avec son mari, à la tête des éditions Marquet, ils allient travail et plaisir et font entrer dans leur collection des œuvres des artistes qu’ils exposent et avec lesquels ils ont noué des liens d’amitié : Peter Klasen (La Mammographie, acrylique, 4 000/5 000 €), Jean-Marc Lange, Claude Grobéty, César (L’Homme au cigare, 400/600 €), Jean-Michel Folon (encres, aquarelles, collages, estimés de 200 à 600 €), Abram, Roland et Nicolas Topor (une trentaine de toiles et œuvres sur papier, 100 à 500 €). Leur maison de l’Ouest parisien devient l’écrin de leur collection de verreries et de meubles des années 1900 pour lesquels ils vont jusqu’à dessiner papiers peints et tentures dans le goût art nouveau. Un artiste semble avoir particulièrement leurs faveurs, Gabriel Argy-Rousseau (1885-1953), dont une dizaine de vases et veilleuses en pâte de verre (estimés de 500 à 3 500 €) traduisent le goût pour les fleurs mais aussi le désir de s’en éloigner par la stylisation. Des vases de Daum, de François-Émile Décorchemont, ainsi qu’un flacon Oreilles lézards en verre moulé-pressé de René Lalique (8 000/10 000 €) les accompagnent tout comme du mobilier d’Émile Gallé et Louis Majorelle. Là aussi c’est une ode à la nature, entre une commode marquetée d’orge et de papillons (2 000/3 000 €) et un bonheur-du-jour orné de tournesols (même estimation) signés Émile Gallé, un meuble à partitions (voir ci-contre) et une salle à manger en noyer mouluré et sculpté de fleurs de chicorée de Louis Majorelle (8 000/10 000 €). Ce sont les héritiers du couple qui s’en séparent aujourd’hui.

Panorama (avant-vente)

Marquet en Roumanie

Le sujet de cette œuvre d’Albert Marquet est assez inhabituel. L’artiste pose son chevalet sur Le Danube à Sulina, ville située sur le delta ouvrant sur la mer Noire. Séjournant à Galatz au printemps 1933 avec son épouse, il peut peindre le fleuve depuis un bateau que la Commission européenne du Danube a mis à sa disposition. Remontant jusqu’à Vienne, il met à profit ce voyage fluvial pour réaliser de nombreux croquis et aquarelles, son épouse rédigeant les textes relatant ce périple. Connue des amateurs, cette toile (50 61 cm) est annoncée à 60 000/80 000 €, vendredi 22, salle 10 à Drouot par la maison Doutrebente (Mme Sevestre-Barbé, M. de Louvencourt, experts).

Agenda
Le lever de rideau revient à une quinzaine de tableaux anciens dont un Portrait de Françoise-Athénaïs de Rochechouart, marquise de Montespan de l'atelier de Pierre Mignard (2 000/3 000 €), la suite aux tableaux modernes où l'on suivra Eugène Boudin près de Voiliers à marée basse sous un ciel chargé (vers 1883-1887, 12 000/15 000 €) ou Albert Marquet en Roumanie, voguant sur Le Danube à Sulina (60 000/80 000 €). Parmi les objets d'art, une belle place est faite à la sculpture avec des bronzes et des terres cuites XIXe, la suite revenant à du mobilier, d'époque et de style classique, des verreries et de l'art nouveau provenant d'une propriété d'Ile-de-France.
vendredi 22 janvier 2021 - 02:00 - Live
Salle 10 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Doutrebente
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