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L’impressionnisme au féminin

Le 30 novembre 2021, par Claire Papon

Marie Bracquemond fut femme peintre et femme de peintre mais rares sont les ventes dans lesquelles apparaissent ses tableaux. Deux toiles, conservées dans sa descendance, éclairent son travail.

L’impressionnisme au féminin
Marie Bracquemond (1841-1916), Jeune fille allongée sous un pommier en fleur, huile sur toile, 73 100 cm.
Estimation : 15 000/25 000 € Adjugé : 21 896 €

C’est entre 15 000 et 25 000 € qu’est annoncé ce grand portrait de Jeune fille allongée sous un pommier en fleur signé du monogramme de Marie Bracquemond, et autour de 18 000/20 000 € qu’il faudra s’engager pour celui d’une Femme lisant exposé en 1919 à la galerie Bernheim-Jeune à Paris. Élève d’Ingres, dans l’atelier duquel elle rencontre son futur mari, Félix Bracquemond, Marie Quivoron s’émancipe de l’influence de son maître, même si elle fait du portrait son thème de prédilection. Un Portrait de femme, dit aussi La Dame en blanc la révèle au public en 1880, à la 5e exposition impressionniste. Suivent d’autres modèles féminins, mais aussi des représentations de son fils Pierre et de son époux. Saluée par le critique Gustave Geffroy, qui voit en elle l’un des membres du «trio féminin harmonieux de l’impressionnisme» avec Berthe Morisot et Mary Cassatt, Marie Bracquemond met en scène ses modèles dans une nature de feuillages et de fleurs, reconnaissables à ses subtils effets d’empâtement et des couleurs posées en touches divisées. Dans leur maison de Sèvres, la villa Brancas, le couple reçoit de nombreux familiers, parmi lesquels Sisley, Degas, Manet, Fantin-Latour, Clemenceau et Monet, dont Marie parle toujours avec enthousiasme. À partir des années 1890, elle cesse de peindre. Une retraite due à la modestie mais aussi à la nécessité de ne pas faire d’ombre à un mari au caractère difficile…

Agenda

S'il paraît que la musique adoucit les mœurs, elle pourrait être l'objet d'une bataille d'enchères à 10 000/15 000 € pour une aquarelle, sanguine et crayon noir de Louis Carmontelle, Monsieur et Madame Monbreton, duo pour harpe et violon dans un jardin. On consommera Le Festin de l'Olympe d'Adrien Van Stalbemt entre 10 000 et 12 000 €, deux toiles de Marie Bracquemond à sujets féminins conservées par descendance jusqu'au propriétaire actuel, étant attendus l'un à 15 000/25 000 €, l'autre à 18 000/20 000 €. Les objets d'art et le mobilier sont classiques, ponctués toutefois d'un tapis en velours de soie de Khotan vers 1870-1880, à semis de caisson et médaillons pétales (6 000/8 000 €), d'une horloge de parquet en noyer et ronce de noyer, fin XVIIIe, de Bramer & Sohn à Amsterdam (3 000/4 000 €), du mobilier Charles X et une armoire autrichienne en sapin à décor peint de vases fleuris et scènes animées, trompe-l'œil de bois et de marbre, signée Anna Maria Bailmanrin, et datée 1816 (2 000/2 500 €).

Tableaux, mobilier et objets d'art, dessins, tableaux anciens, art d'Asie, tapis, tapisseries
vendredi 10 décembre 2021 - 14:00 (CET) - Live
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