François Lemoyne pour Versailles

Le 23 juin 2020, par Claire Papon

Cette étude a été faite pour L’Apothéose d’Hercule de François Lemoyne, au château de Versailles.

François Lemoyne (1688-1737), Étude de tête pour l’Amour de la Vertu dans l’Apothéose d’Hercule, pastel, trois crayons et estompe, 25 20 cm.
Estimation : 40 000/60 000 

Il s’agit d’une étude inédite et sans pedigree mais il est probable que l’œuvre ait fait partie du carton d’études que possédait François Berger, protecteur et mécène du peintre. Seules les figures les plus importantes de cette composition ont eu un traitement privilégié en couleurs. Commencée à la pierre et à la sanguine, enrichie de craie blanche et d’estompe aux trois crayons, notre ébauche est ensuite rehaussée de pastel. Jusqu’à sa découverte, seules des esquisses pour la tête d’Hébé (British Museum) et celle de Vénus étaient connues et conservées à ce jour. Autant dire que notre amour guidant et tirant par l’avant-bras un Hercule presque intimidé vers sa promise, la nymphe Hébé, déesse de la jeunesse –et symbole du renouveau de la France sous Louis XV –, pourrait susciter la convoitise. «L’Amour de la vertu élève l’homme au-dessus de lui-même et le rend supérieur aux travaux les plus difficiles et les plus périlleux ; les obstacles s’évanouissent à la vue des intérêts de son Roy et de sa patrie, soutenu par l’honneur et conduit par la fidélité, il arrive par ses actions à l’immortalité…», lit-on dans le Mercure de France en octobre 1736. Commandé en 1712 par le duc d’Antin, directeur des Bâtiments du roi, à l’architecte Robert de Cotte, mais mis en sommeil avec la mort de Louis XIV en 1715, le décor du salon d’Hercule à Versailles n’est remis en chantier qu’en 1725. François Lemoyne se voit confier l’immense voûte du plafond entre 1733 et 1736, sur le thème de L’Apothéose d’Hercule, le héros étant élevé au rang des dieux par son père Jupiter. Il s’agit de l’un des plus vastes plafonds peints du monde (1850 1700 m). Cent quarante-deux personnages animent cette huile sur toile – Apollon, Cybèle, Déjanire, Amphitrite, Bacchus, Castor, Pollux, Cérès… – qui place Lemoyne à la hauteur des grands décorateurs italiens et le fait accéder au titre de premier peintre du roi. Une gloire qu’il n’eut toutefois pas le temps de savourer : épuisé par son travail, l’artiste, perpétuellement insatisfait, se suicida le 4 juin 1737.

mercredi 01 juillet 2020 - 11:00 - Live
Salle V.V. - 3, rue Rossini - 75009
Millon
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