Valdés et les icônes de l’art

Le 25 juin 2020, par Sophie Reyssat

Entre inspiration classique et esprit pop, Manolo Valdés détourne l’art pour son style personnel.

Manolo Valdés (né en 1942), Mujer con abanico II, eau-forte numérotée 5/20 et datée 2007, 169 99 cm.
Estimation : 10 000/15 000 

Sur l’éventail de cette Espagnole, Manolo Valdés a reproduit le détail d’un jardin paradisiaque emprunté aux fresques antiques de la villa de Livia, ou villa de la Prima Porta, découverte en 1863 sur une colline dominant le Tibre, au nord de Rome. Ces peintures remontent aux années 30-20 av. J.-C. et étaient destinées à éclairer par leur luxuriance les murs d’une salle souterraine. On peut aujourd’hui les admirer au Musée national romain, situé dans le palazzo Massimo alle Terme. Comme un passeur de l’histoire de l’art, Valdés fait référence aux plus grands chefs-d’œuvre dans son propre travail. Cette eau-forte témoigne également d’une autre facette de son art : sa dimension décorative, portée par l’intérêt du peintre-sculpteur pour le jeu des collages et les effets de textures, autant que par sa propension aux formes épurées. Si les grands classiques que sont Vélasquez, Rembrandt et Rubens l’inspirent, il a également été séduit par les papiers découpés de Matisse, et l’usage des matériaux de récupération par les nouveaux réalistes. L’image est reine pour cet artiste qui a brandi le pop art contre les diktats de l’Espagne franquiste, au sein du groupe artistique equipo cronica. Depuis 1981, il poursuit de son côté un inépuisable exercice de réinterprétation des icônes passées.

Agenda

Dardant ses rayons de Talosel incrusté de glaces mordorées, un miroir « Roi-Soleil », créé par Line Vautrin dans les années 1960, illuminera cette dispersion de quelque 300 numéros. Elle débutera avec des estampes, et permettra d’acquérir des eaux-fortes de Manolo Valdés et de Francis Bacon. Les cimaises varieront ensuite les styles, du paysage auvergnat de Victor Charreton (autour de 4 000 €), à la figuration narrative de Erró, auteur de Pinky and the Brain en 2000 (autour de 10 000 €). Une chauffeuse de Louis Süe et André Mare, dont le bâti d’acajou est à décor de draperies et d’enroulements (autour de 3 500 €), se mariera avec une suspension art déco en albâtre signée Albert Cheuret, retenue par deux têtes de cigognes en bronze argenté (2 000/3 000 €). Tout aussi aériennes, les appliques de Serge Mouille sont attendues autour de 5 000 €.

dimanche 28 juin 2020 - 14:00 - Live
Saint Cloud (Le Floc'h) - 1 ter, boulevard de la République - 92210
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