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Sous la lumière de Pierre Bonnard

Publié le , par Caroline Legrand

Le « peintre du bonheur » sait mieux que personne restituer l’atmosphère d’un lieu, grâce à une lumière parfaitement maîtrisée et des couleurs scintillantes. Il nous offre ici un petit bout de paradis.

Pierre Bonnard (1867-1947), Table dans un jardin, 1908, huile sur toile signée, 39 x 44 cm.... Sous la lumière de Pierre Bonnard
Pierre Bonnard (1867-1947), Table dans un jardin, 1908, huile sur toile signée, 39 44 cm.
Estimation : 140 000/160 000 

En cette période au temps gris et au climat anxiogène, ce jardin doit en faire rêver plus d’un ! Passée par la collection du célèbre marchand des impressionnistes Ambroise Vollard, puis par la galerie Bernheim-Jeune à Paris, cette peinture fut acquise par ses propriétaires actuels lors d’une vente à Londres, en 1971. Une œuvre au parcours parfaitement connu, donc, qui est bien sûr illustrée dans le catalogue raisonné de l’artiste par Dauberville, en page 138 du second volume. Si Pierre Bonnard est considéré comme le peintre de l’intimité, il laisse également de nombreux paysages et tout particulièrement des vues de ses jardins, qu’il chérissait tant. Ainsi, plusieurs compositions de 1908 nous sont connues et semblent dépeindre celui de Normandie, comme le Début de printemps conservé dans la collection Phillips, à Washington, ou La Tarte aux cerises (collection particulière). Ici, il pourrait s’agir de celui de la maison qu’il loue à Vernonnet,
sur la commune de Vernon, son petit coin de paradis, où il rencontre en voisin Claude Monet. Un endroit qu’il apprécie tant qu’il achète une petite maison, « Ma roulotte », en 1912 ; elle est finalement assez modeste, mais possède un jardin luxuriant et un beau balcon avec une vue panoramique. Il peindra cet éden à maintes reprises. C’est la découverte du sud de la France, en 1904, qui a conforté Bonnard dans son évolution picturale, abandonnant l’art nabi pour se tourner définitivement vers une manière postimpressionniste plus colorée et claire, mettant l’accent sur la lumière. Son style entre «intimisme et décoration», dira-t-il lui-même, se met alors en place, basé sur des mises en page souvent inspirées de l’art japonais, mais aussi sur la pratique de la photographie 
– son Pocket Kodak ne le quitte jamais. Émergent de compositions par masses les détails et les jeux de profondeur grâce à de subtiles variations de couleurs : Bonnard est un maître coloriste.

Agenda

Le 30, on assistera à Cannes à un défilé de grands noms de la peinture moderne et contemporaine. Le « peintre du bonheur » Pierre Bonnard jouera les têtes de file avec une Table dans un jardin de 1908, au style postimpressionniste lumineux et coloré. S'il faudra envisager 140 000/160 000 € pour cette œuvre, 40 000/50 000 € seront demandés d'un Nu assis, sous le pinceau vers 1930 de Moïse Kisling, et 35 000/50 000 € d'une vue montmartroise de Maurice Utrillo, La Rue Saint-Vincent - La Lapin Agile,  datée vers 1916. On tendra vers l'abstraction avec un dessin à l'encre de Chine signé Joan Miró (70 000/80 000 €), et on l'atteindra totalement avec Geer Van Velde et sa composition datée vers 1955 (40 000/50 000 €), ou encore Hans Hartung avec P1967-A48, de 1967 (même estimation). Mentionnons enfin pour la sculpture un bronze à patine sombre d'Ossip Zadkine, La Liseuse, celui-ci de 1947 et fondu par Susse, dont on attend 48 000/50 000 €. 

mercredi 30 décembre 2020 - 14:30 (CET) - Live
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