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Un charme féminin intemporel

Le 15 décembre 2021, par Caroline Legrand

L’univers poétique et féminin de Marie Laurencin nous sollicite dans cette belle composition verticale, aux lignes douces et élancées.

Un charme féminin intemporel
Marie Laurencin (1883-1956), Les trois femmes au lévrier, huile sur toile signée, 73 60 cm.
Estimation : 80 000/100 000 

Trois demoiselles en pied occupent la composition, aux côtés d’un lévrier. Ces deux sujets sont bien souvent mêlés dans les œuvres de Marie Laurencin. Comme si leur cohabitation soulignait un monde d’harmonie, le chien demeurant le fidèle compagnon de ces jeunes femmes richement vêtues et parées, éternels modèles de la peintre. Elle leur confère un charme intemporel, tendant au maniérisme, servi par des lignes épurées et des couleurs pastel, plutôt froides, qui ajoutent au caractère lunaire de sa peinture, ici rehaussée avec grâce par le jaune. Un univers également à la frontière des arts – Marie Laurencin appréciait ainsi tout autant la poésie et la musique –, et sans aucun doute lié à l’enfance de l’artiste, passée seule avec sa mère, couturière, à Paris à la fin du XIXe siècle. Son élégant pinceau attire devant son chevalet de grands noms de son époque, de Madame Picasso à Coco Chanel, en passant par Nicole Groult. Entre cubisme et peinture naïve, inspirée du Douanier Rousseau, Marie Laurencin resta en marge des courants picturaux de son temps. Elle a su créer une œuvre parfaitement originale, en complet décalage avec l’univers artistique d’alors. Car cette femme, bercée par la littérature française tout comme par les histoires de reines et de princesses, était détachée de la mode et des conventions. C’est en 1905 qu’elle débarque dans l’atelier de Picasso, au Bateau-Lavoir, accompagnée par Georges Braque, rencontré à la très conventionnelle académie Humbert. Tous les artistes de Montmartre sont séduits par cette jeune peintre de 20 ans, et en premier lieu Guillaume Apollinaire, qui deviendra son compagnon. Il lui écrit alors : «L’art féminin est fait de bravoure, de courtoisie, d’allégresse. Il danse dans la lumière et s’alanguit dans le souvenir.» Deux ans plus tard à peine, en 1907, elle participe déjà au Salon des indépendants : sa manière atypique mais aussi pleine de grâce, inspirée des portraits de la Renaissance italienne, fait l’unanimité…

Agenda

Place aux peintres modernes et contemporains le jeudi avec d'emblée l'incontournable Bernard Buffet, qui livrera contre 120 000/150 000 € une œuvre de 1967, Marée basse. Des styles très variés seront proposés, à l'image de celui intemporel et tout en poésie de Marie Laurencin, proposant Les Trois Femmes au lévrier (80 000/100 000 €), ou encore de celui plus synthétique et géométrisé de Jean Metzinger pour Le Bassin devant la maison de 1944 (40 000/45 000 €). On notera aussi la présence d'une toile peinte en 1929 par Raoul Dufy, Régates à Cowes (70 000/90 000 €), ou encore un paysage impressionniste, Bords de la cure à Bessy (Yonne), de Maximilien Luce (45 000/50 000 €). Les amateurs ne manqueront pas non plus le Portrait de Mme Jone Allison Barnes, œuvre de Moïse Kisling peinte en 1944 (48 000/50 000 €).

sculptures, bronzes, céramiques, tapisseries, arts décoratifs du XXe, tableaux anciens et modernes
jeudi 30 décembre 2021 - 14:30 (CET) - Live
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