Inspiration classique pour un meuble art déco

Le 29 avril 2021, par Caroline Legrand

Au siècle dernier, le Milanais Paolo Buffa a repris les canons mobiliers du XVIIIe pour les inscrire résolument dans le monde du design. En témoigne ce cabinet lui étant attribué.

Attribué à Paolo Buffa (1903-1970), cabinet en bois de placage ouvrant à quatre portes, chacune illustrée d’une gravure tirée des Amours pastorales de Daphnis et Chloé écrites par Longus (fin IIe-début IIIe siècle), entrées de serrure et poignées de tiroir en laiton, 144,5 145,5 45 cm.
Estimation : 3 000/5 000 

Les architectes d’intérieurs des années 1920-1930 apprécient les lignes pures, et reprennent des formes mises à l’honneur à la fin du XVIIIe siècle. Lui-même architecte et designer, le Milanais Paolo Buffa les remit au goût du jour avec sa propre fantaisie. Fils du peintre Giovanni Buffa, diplômé en 1927 de l’école polytechnique de Milan, il débute sa carrière dans l’atelier de Gio Ponti. Très rapidement, il acquiert une certaine notoriété, réalisant des villas et dessinant des intérieurs pour une clientèle aisée, avide de modernité élégante. Sur ce cabinet qui lui est attribué, on remarque les gravures de Benoît Audran (1661-1721), pour illustrer une édition du roman pastoral de Longus, imprimée aux frais du Régent et publiée en 1718. Selon la princesse Palatine, mère de celui-ci, Philippe d’Orléans, « lorsqu’il n’avoit encore rien à faire, peignit pour un cabinet de Mme d’Orléans tout le vieux roman pastoral de Daphnis et Chloé. À l’exception de la première feuille, il en a inventé et peint tous les sujets ». Les vignettes portent les mentions « Philippus inv. et pinxit 1714 » et, à droite, « Btus Audran sculp. » Les quatre planches ont pour légende Licoenion écoute Daphnis et Chloé qui cherchent remède d’amour, Vendange où sont admirés Daphnis et Chloé, Daphnis fait obéir ses chèvres au son de la flûte et les Noces de Daphnis et Chloé. Ces sujets savoureux, bien qu’annonciateurs de l’art de Watteau, sont encore traité dans un style classique qui évoque Le Brun. Faut-il voir dans ce meuble une affirmation de l’éternel recommencement de la création artistique ?

Agenda
Ce n'est pas forcément le sujet favori de la légende napoléonienne : l'Empereur jardinier sur son lieu d'exil. Cependant, le Belge Henry de Groux (1866-1930) le choisit pour un pastel marouflé sur toile mesurant 114,5 par 143 cm, Napoléon à Longwood, Sainte-Hélène, 1896, estimé 8 000/10 000 €. Artiste de la mouvance symboliste, il expose un temps avec le groupe des XX, un numéro spécial de la revue littéraire et artistique La Plume lui étant consacré en 1899 — ce tableau y est reproduit en page 233 sous le titre Longwood. On remarque par ailleurs une huile sur toile de l'atelier de Pierre-Paul Prud'hon, Tête de jeune femme (5 000/8 000 €), ou encore, de l'orfèvre danois Georg Jensen, une coupe aux grappes de raisins en argent et argent martelé, le fût torsadé, à décor de pampres de vigne en ronde bosse (3 500/4 000 €). 

 
jeudi 06 mai 2021 - 13:00 - Live
Nice - 3, place Franklin - 06000
Millon
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