Pierre Lecuire, poète et ami des peintres

Le 29 avril 2021, par Claire Papon

Le 6 novembre dernier venait sous le marteau la première partie de la bibliothèque de Pierre Lecuire. Pour ce second opus, les éditions originales voisinent avec les dessins et les tableaux modernes.

Nicolas de Staël (1914-1955), Composition, pinceau et gouache sur papier, vers 1954, 36 28,5 cm.
Estimation : 50 000/70 000 

Deux cents numéros sont inscrits au catalogue de cette vacation, conservés dans la succession de Mila Gagarine, épouse de Pierre Lecuire (1922-2013), poétesse et collaboratrice du critique et auteur du catalogue raisonné des œuvres de Picasso, Christian Zervos. Plusieurs grands noms de l’art moderne sont présents, avec lesquels Pierre Lecuire entretint des liens. Ce normalien, poète et éditeur, passionné de musique et de peinture rencontre Nicolas de Staël en 1945. C’est le début d’une amitié, d’un échange d’idées, d’une admiration partagée sans cesse nourrie par une relation épistolaire, qui durera jusqu’à la mort de l’artiste en 1955. D’autres belles collaborations verront le jour, qui mettront en formes et couleurs ses poèmes, parmi lesquelles Serge Charchoune, André Lanskoy, Geneviève Asse. La première heure revient à des éditions originales illustrées de ses ouvrages (Abracadabra, Dédale, Cortège, le Livre des livres…) ou de poèmes de Mila Gagarine, ainsi qu’à des lettres de Nicolas de Staël. Les estimations oscillent de 100 à près de 10 000 €. Les regards se tourneront ensuite vers les cimaises. Celles-ci accueillent des œuvres de l’artiste espagnol, installé en France en 1952, Fermín Aguayo (1926-1977), des compositions de Geneviève Asse et Serge Charchoune (500 à 10 000 €), des planches gravées de Lanskoy, Véra Pagava, Olivier Debré, Sergio Castro, une matrice en bois sculpté pour xylographie, cadeau de Picasso à Mila Gagarine (3 000/5 000 €), une aquarelle de Pierre Tal Coat (700/900 €). Un chapitre est consacré à de Staël, qui comprend notamment l’un des trois exemplaires d’une tapisserie, Composition en rouge, 1952, tissée à Aubusson et acquise par Lecuire directement auprès de l’artiste (15 000/20 000 €), et une Composition sur toile de 1943 (50 000/70 000 €), et une autre (voir ci-dessous), exécutée vers 1954, ayant servi pour la lithographie de couverture du recueil Maximes écrit par ce poète et architecte du livre.

Agenda
200 lots de livres illustrés, gravures et tableaux sont inscrits au catalogue du second opus de la collection Pierre Lecuire et son épouse Mila Gagarine.
jeudi 06 mai 2021 - 14:00 - Live
Salle Provence - 17, rue de Provence - 75009
Paris Enchères - Collin du Bocage
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