La canne impériale de la collection Gilles Grimm

Le 22 mai 2019, par Claire Papon et Anne Foster

Une canne utilisée par Napoléon à Sainte-Hélène emmène la collection d’armes anciennes et de souvenirs historiques de Gilles Grimm.

Travail réalisé par un atelier chinois de Sainte-Hélène pour Napoléon. Canne en dent de narval, pommeau plat sculpté à huit pans incrustés de losanges de bois noirci, baguette cannelée imitant un rostre de narval, l. 92 cm.
Estimation : 100 000/120 000 


Chineur infatigable et incorrigible, Gilles Grimm  sexagénaire autodidacte qui a fait fortune dans l’immobilier et vit entre Paris et la Thaïlande  arpente depuis quarante ans galeries, magasins d’antiquités et salles des ventes du monde entier à la recherche du coup de cœur. Ses domaines de prédilection ? L’archéologie  tout particulièrement les casques en bronze , les porcelaines du XIXe siècle, les armes anciennes et les souvenirs napoléoniens. Presque un classique du genre, tant les objets ayant trait à l’Empereur suscitent la convoitise. Qu’en sera-t-il de cette canne réalisée par un anonyme artisan chinois de Sainte-Hélène ? Les spécialistes rendront leur verdict. Les néophytes découvriront ainsi que la petite communauté chinoise recrutée dans les comptoirs de la Compagnie des Indes orientales et installée là en 1810  trois ans après l’abolition de la traite négrière dans l’Empire britannique et sur ordre du colonel Patton, gouverneur de l’île , se composait d’agriculteurs, de menuisiers, de maçons et de tailleurs de pierre. Elle a réalisé plusieurs ouvrages pour Napoléon, comme de petites boîtes à thé ou d’autres plus importants. Le musée Bertrand, à Châteauroux, conserve ainsi la grande volière du jardin de Longwood House. Cette canne à système en rostre de narval, ou licorne des mers, fonctionne au moyen d’une baguette escamotable, solidaire du pommeau. La baguette permettait de pointer les cartes. Un symbole indissociable de l’Empereur et de son brillant parcours militaire…

Agenda

Après la dispersion de sa collection d’archéologie en décembre dernier emmenée par une collection de casques antiques, place à celle de souvenirs napoléoniens et d’armes anciennes de Gilles Grimm. À quelques exceptions près, ces deux jours de ventes sont consacrés aux objets réunis depuis plusieurs décennies autour du monde par cet autodidacte qui a fait fortune dans l’immobilier. Si la pièce la plus disputée devrait être une canne en dent de narval ayant appartenu à l’Empereur à Sainte-Hélène (100 000/120 000 €), on a retenu aussi une chemise en toile de batiste portée par Napoléon dans l’île de l’Atlantique (80 000/100 000 €), un madras en soie brodée à son chiffre de même provenance (35 000/40 000 €). C’est autour de 40 000/60 000 € qu’est attendue la couverture du catalogue, une épée de cour ou de présent, d’époque Louis XVI (vers 1785), en vermeil entièrement ciselé de motifs géométriques rehaussé de douze médaillons en émail bleu constellé d’étoiles et de 513 pierres du Rhin. Cette première dispersion s’achève avec un ensemble de tasses et assiettes en porcelaine dure, de Paris pour l’essentiel, d’époque Restauration et Napoléon III (est. 300 /3 000 €). 150 à 10 000 € environ, telle est la fourchette d’estimation des armes, à feu, mais surtout blanches, des casques et autres pièces d’équipement, qui jalonnent la seconde vacation.

mardi 28 mai 2019 - 14:30 - Live
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Aguttes
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