L'art déco par Lacloche

Le 12 mars 2020, par Claire Papon

Ce pendentif non signé est donné à la maison Lacloche, l’un des grands noms de la joaillerie art déco.

Lacloche, vers 1925, ateliers Vergé Frères. Pendentif en platine ajouré partiellement émaillé noir décoré de fleurs en cristal, jadéite, pierres de lune gravées et ornées de saphirs et jade cabochon, le pourtour souligné de diamants et de motifs en onyx, poids 64 g.
Estimation : 70 000/100 000 

Que l’on se rassure, le dessin de ce bijou figure dans la monographie de Laurence Mouillefarine et Véronique Ristelhueber, parue aux éditions Norma, et une gouache a été présentée à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels de 1925 à Paris. D’après la tradition familiale, notre pendentif aurait été offert à l’aïeule des actuels propriétaires par le duc d’Orléans (1869-1926), ce dernier ayant entretenu avec Mme Bouriat, née Germaine de Randal (1871-1958), une relation privilégiée de 1904 jusqu’à sa mort – relation grâce à laquelle elle deviendra dame d’honneur de la reine Amélie du Portugal, sœur du duc. Durant les six mois de l’Exposition de 1925, la maison Lacloche, fondée à Madrid en 1875 par quatre frères, a les honneurs du Grand Palais aux côtés des stands de Cartier, Van Cleef & Arpels, Dusautoy et Sandoz. Qu’y voit-on ? Une vingtaine de pendules et pendulettes – des pièces uniques – mais aussi bien sûr d’élégants bijoux, accessoires de beauté et étuis à cigarettes, dont les pierres dures voisinent avec de discrets pavages de diamants, rubis et saphirs. Sur plusieurs d’entre eux, dont notre pendentif, une rose stylisée s’épanouit, réminiscence du naturalisme de l’art nouveau. Imaginée par Paul Iribe pour l’illustration de l’album Les Robes de Paul Poiret, en 1908, la fleur se répand partout, au point de devenir l’emblème du classicisme de l’époque art déco. Elle pousse ici parmi une résille d’émail noir ponctuée de perles dans un entourage de brillants. Que de subtilités…

Panorama (avant-vente)

Collection de châtelaines

Les bijoux, présentés sous le marteau de Beaussant Lefèvre, mardi 17 mars en salle 2, à Drouot (MM. Emeric & Stephen Portier), sont emmenés à 11 h, par une collection de 92 châtelaines – bijou servant à suspendre une montre à la taille. Selon leurs matériaux (métal, vermeil, argent et or), la finesse du travail réalisé au XVIIIe ou au XIXe siècle, et les signatures de certaines, la fourchette d’estimation oscille entre 60 et 6 000 €. À lui seul, ce modèle des Lumières est ainsi attendu autour de 5 000 € pour la richesse de son décor, associant des miniatures galantes avec une chimère et un dragon de métal précieux. Tous retenus en pampilles, un médaillon, une clé, un cachet et une boîte encadrent sa montre de col.

Agenda
Si la vacation du matin est réservée à une collection de chatelaines (voir Gazette n° 10, page 63), celle de l'après-midi réunit des bijoux anciens et modernes, alternés de montres-bracelets et de poche. Un pendentif de Lacloche en pierres dures, diamants et saphirs vers 1925 mène la danse avec une estimation de 70 00/100 000 € (voir Gazette n° 10, page 54), tandis qu'une bague en or gris ornée d'un diamant solitaire (forme ronde et taille brillant, 8,04 ct), ayant fait partie de l'écrin de la princesse Claude d'Orléans, est attendu à 40 000/48 000 €. Des objets de charme et de l'argenterie qui occupent les dernières vitrines, on a retenu une tabatière en or jaune ciselé d'agrafes de feuilles et fleurs de lys d'époque Restauration, le couvercle orné des miniatures sur ivoire d'Henri, comte de Chambord et de sa sœur Louise duchesse de Parme, un travail réunissant les talents du peintre Lequeutre et de l'orfèvre Alexandre Raoul Morel, estimé 10 000/12 000 €.
mardi 16 juin 2020 - 11:00,14:00 - Live
Salle 16 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Beaussant Lefèvre
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne