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Collection Creuzevault, un bestiaire fantastique

Le 10 novembre 2021, par Claire Papon

Le croirez-vous ? Pour cette troisième et dernière vente de la collection Colette Creuzevault, la plus belle bataille d’enchères devrait accueillir un bronze de Germaine Richier…

Collection Creuzevault, un bestiaire fantastique
Germaine Richier (1902-1959), La Sauterelle, moyenne, 1945, épreuve en bronze à patine brun foncé, justifiée HC3, cachet du fondeur Valsuani. 54 63 44 cm.
Estimation : 80 000/100 000 € Adjugé : 190 500 €

Les «Sauterelles» comptent parmi les créations les plus emblématiques de la sculptrice Germaine Richier, qui en réalisera trois versions différentes : la «petite» (1944), la «moyenne» (1945), la «grande» (1955-1956). La boucle est bouclée en une dizaine d’années, notre insecte constituant un jalon essentiel dans ce cycle. Les trois sculptures proposent d’étonnantes variations sur l’étrangeté de cet être hybride, femme et animal, et questionnent par leur jeu en équerres juxtaposées. L’œuvre paraît à la fois figée et en mouvement, prête à bondir et stoppée dans son élan. C’est au printemps 1959 que celle que ses intimes surnomment L’Ouragane expose pour la première fois à la galerie Creuzevault, 9 avenue Matignon, à Paris. D’autres manifestations suivront au début des années 1960, qui assureront la reconnaissance de cette artiste à l’œuvre si étrange, peuplée de figures animales, mi-insectes mi-humaines – la mante, la chauve-souris, l’araignée… Notre Sauterelle figura à la rétrospective initiée par la fondation Maeght en 1996. Outre la présence de Germaine Richier, on appréciera dans cette vacation un Masque de théâtre de Jean Dubuffet, des bronzes et un Sein en résine de polyuréthane de César – l’ami intime de la famille Creuzevault –, une iconique Tempérance et un Rossignol de Niki de Saint Phalle, ou encore une huile et collage de Max Ernst (1962, voir l'article Un tableau-poème de Max Ernst de la Gazette n° 37, page 6).

Agenda
40 lots à peine composent cette troisième et dernière partie de la collection Colette Creuzevault. Comme les précédents opus (11 décembre 2019 et 20 novembre 2020), elle constitue une ode à la sculpture et tout particulièrement à celle de Germaine Richier dont une Sauterelle, moyenne, 1945 en bronze à patine brune pourrait être récompensée d'une somme à hauteur de 80 000/100 000 €. L'autre grand nom est celui de César, l'ami intime de cette famille de galeristes, Henri Creuzevault (1905-1971) et sa fille Colette (1931-2019). Pas moins de douze œuvres – bronzes, arrachage à l'encre et sein en résine de polyuréthane – sont présentés dont les estimations oscillent de 4 000 à 40 000 €. Le premier coup de marteau est annoncé sur une huile et collage (non titré) de Max Ernst de 1962 (20 000/30 000 €, voir Gazette n° 37, page 6), d'autres iront à des résines peintes de Niki de Saint Phalle (dont un Rossignol, 1981, 8 000/10 000 €), un Masque de théâtre I, 1969 de Jean Dubuffet (50 000/80 000 €), des acryliques et des toiles de Ladislas Kijno et Camille Bryen. sans oublier un Lapin polymorphe (petit) (1968/1988) en bronze à patine brune (1/8, fonderie Rocher) de François-Xavier Lalanne qui fera courir les amateurs jusqu'à 20 000/30 000 €.
vendredi 19 novembre 2021 - 14:00 - Live
Salle 9 - Hôtel Drouot - 75009
De Baecque et Associés
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