Au cœur de l’histoire de la Bretagne et de la France

Le 06 octobre 2021, par Caroline Legrand

La vente du mobilier du château de Limoëlan nous replongera au cœur de l’histoire de la Bretagne et de la France en compagnie de hauts personnages, tel André Désilles de Cambernon.

Paris, 1790. Boîte en écaille brune et ivoire de forme circulaire, cerclée d’un anneau d’or gravé «A.J.M. DESILLES,
Cher de St 
Louis Officier au Rgt du Roy mort de ses blessures à Nancy le 31 aoust 1791», diam. 7,1 cm.

Estimation : 1 400/1 800 €

Bienvenue dans les Côtes-d’Armor, à Sévignac, en cette demeure ancestrale bâtie au XIVe siècle par la famille Rousselot, puis reconstruite, en 1779, par Michel Julien Alain Picot de Clorivière, ainsi dénommé Picot de Limoëlan. Ce dernier, arrière-petit-neveu de l’explorateur malouin Jacques Cartier, fut mêlé à la conspiration du marquis de la Rouërie voulant le retour à une Bretagne indépendante ; arrêté à la malouinière de la Fosse-Hingant, propriété des Désilles de Cambernon – dont est issu son neveu André, le futur «héros de Nancy» –, il sera guillotiné le 18 juin 1793. L’esprit de rébellion ne s’éteindra pas avec lui, puisque son fils, Joseph Picot de Limoëlan, représenté dans un buste en plâtre (h. 53 cm) signé Pierre Cartellier (1 200/1 500 €), sera pour sa part impliqué dans l’affaire dite «de la machine infernale», une tentative d’attentat visant nul autre que Napoléon Bonaparte, le soir de Noël 1800. Il échappera toutefois aux représailles en partant pour l’Amérique, où, devenu prêtre en 1812, il mourra à Charleston, en Caroline
du Sud, le 29 
septembre 1826… Quant à ce Portrait d’André Désilles de Cambernon, il évoque le souvenir du neveu de Picot de Clorivière. Officier au régiment du Roi (infanterie), au Mestre de camp général (dragons) et au régiment suisse de Châteauvieux, qui constituaient la garnison de Nancy, il s’est distingué en tentant de mettre fin à la mutinerie des soldats, le 31 août 1790. Un acte héroïque qui lui valut dès le 3 septembre les remerciements de l’Assemblée nationale. Louis XVI lui remit également la croix de Saint-Louis et offrit à son père cette boîte, le représentant couronné de lauriers par une main royale. Blessé durant les faits, celui qu’on appelait le «héros de Nancy» devait mourir le 17 octobre 1790.

 

Milieu du XVIIIe siècle. Portrait d’André Desilles de Cambernon, dit «héros de Nancy», en habit d’officier du régiment Mestre de camp géné
Milieu du XVIIIe siècle. Portrait d’André Desilles de Cambernon, dit «héros de Nancy», en habit d’officier du régiment Mestre de camp général dragons et portant l’ordre de Saint-Louis, huile sur toile, 80 62 cm (détail).
Estimation : 1 200/1 500 
Agenda
Ces deux jours d'enchères verront  la dispersion du mobilier du château de Limoëlan, à Sévignac (Côtes-d'Armor), demeure passée entre les mains des familles Picot Limoëlan, Bonjour de Limoëlan, de Chappedelaine et de Launay. Parmi les quelque trois cents lots de la première vacation figureront une toile peinte par Georges Clairon, Femme au piano ou Portrait supposé de Louise Abbema (5 000/6 000 €), une Scène de taverne de l'école du Nord du XVIIe siècle (3 000/4 000 €) ou encore un buffet deux corps à glissant provençal, de la région d'Arles du XVIIIe (2 500/3 000 €). Des bijoux dont une bague dôme des années 1930 en or gris ornée d'un diamant de taille ancienne (1,90 ct, couleur H et pureté VS) en serti griffes, entouré et épaulé de diamants plus petits (5 000/8 000 €), ainsi que des pièces en or compléteront ce sommaire.
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne