Mythique Sissi

Le 15 octobre 2020, par Claire Papon

Quelques souvenirs de l’impératrice d’Autriche-Hongrie devraient sans peine dépasser leurs estimations.

Coffret gainé de soie verte à décor appliqué en bronze doré et argenté au chiffre d’Élisabeth de Bavière, impératrice d’Autriche-Hongrie, encadrement de rinceaux feuillagés et d’armoiries de la famille de Bavière, 48 63 cm.
Estimation : 3 000/5 000 

Cent vingt-deux ans après son assassinat sur les bords du lac Léman à Genève, l’épouse de l’empereur d’Autriche François-Joseph Ier semble immortelle. Même si elle a rejoint le royaume des ombres, «ces régions où vivent des âmes plus belles», comme elle l’écrivait au terme d’une vie insatisfaite et insoumise. Ses admirateurs pourront donc s'offrir l'un de ces objets, conservés jusqu’à récemment par l’un des descendants de Sissi : une aiguière en cristal à décor de rinceaux montée en argent ajouré (500/800 €), un plat rond en argent (250/300 €), une ombrelle en soie à manche en bouleau et pommeau en quartz rose (1 500/2 000 €), ou encore un coffret gainé de soie verte orné de bronze doré et bronze argenté. Ce «souvenir de la patrie», comme il est indiqué à l’intérieur, contient deux vues de villes, huit de résidences officielles et deux reproductions de tableaux, l’ensemble muni du cachet à sec de Joseph Albert à Munich, photographe officiel de la cour de Bavière (voir photo). Quatrième enfant du duc Maximilien Joseph de Wittelsbach et de la princesse Ludovica, Élisabeth grandit à Possenhofen. À 16 ans, elle fait la connaissance de l’empereur François-Joseph que sa sœur doit épouser. C’est elle qu’il choisit. Le conte de fées tourne au cauchemar, Sissi supportant mal les contraintes de la cour impériale et sombrant dans la dépression après la mort de sa première fille, à laquelle succèderont d’autres tragédies familiales dont le suicide de son fils Rodolphe dans le pavillon de chasse de Mayerling. Telle la mouette à laquelle elle aime se comparer, elle multiplie les voyages, fuyant l’étiquette viennoise autant qu’elle se fuie, ne portant plus que les couleurs du deuil. Insaisissable Sissi…

Agenda
La séance du matin est réservée aux amateurs de porcelaines plus que de faïences de France, d'Allemagne et de Chine (est. 200 à 2 000 €). À 13 h 45, sans surprise, on regardera du côté des cimaises, et notamment vers une séduisante toile de 1907 de Johannes Ten Cate, La Mer à Sainte-Adresse, soleil couchant (5 000/7 000 €), une vue de La Seine à Paris d'Eugène Galien-Laloue (2 500/3 000 €) et un ensemble de tableaux XIXe sur le thème militaire, ceux de de la chasse et des chevaux. Estimés entre 300 et 3 000/5 000 €, il y a fort à parier que quatre objets ayant appartenu à Sissi et conservés dans sa famille seront disputés au-delà. Rien que de très classique pour la suite de l'après-midi où l'on a noté deux petits tableaux de Thomas Compigné représentant les châteaux de Choisy et de Saint-Hubert (2 000/3 000 € chaque) et un curieux berceau (?) en forme de chaloupe de la frégate L'Espérance, en bois peint gris et or provenant du château de Coupvray et ayant appartenu au comte Louis de Turenne (300/500 €).
vendredi 23 octobre 2020 - 11:00,13:45 - Live
Salle 10 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Beaussant Lefèvre
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