Icône du Fayoum

Le 19 février 2020, par Caroline Legrand

Contemporaine des «portraits du Fayoum», cette icône égypto-romaine du IIe siècle est la seule de son type encore en mains privées.

Égypte, Fayoum, époque romaine, IIe siècle apr. J.-C. Icône égypto-romaine, Hièrôn et Lycurgue, bois stuqué polychrome, 38 31,5 cm. Estimation : 30 000/50 000 


Appartenant à un corpus d’œuvres qui ne compte qu’une cinquantaine d’exemplaires, complets ou fragmentaires, cette icône devrait attirer l’attention des collectionneurs, mais aussi des institutions. Outre sa rareté, elle affiche une provenance prestigieuse, puisqu’elle a appartenu à Maurice Nahman (1868-1948). À la mort de cet important marchand d’antiquités d’origine autrichienne installé au Caire, une vente avait été organisée à Drouot les 4 et 5 juin 1953. Cette œuvre en faisait partie, et fut alors acquise par la galerie parisienne Lecorneur-Roudillon, avant de rejoindre la collection «Th.» à Étampes, le 18 mai 1955. Elle est depuis restée dans la descendance de ce dernier. Bien que datant de la même époque et provenant de la même région, cette icône se distingue des «portraits du Fayoum» par sa fonction, votive et non pas funéraire, ainsi que par son iconographie, consacrée à des dieux. Ainsi, ce panneau représente, à droite, Hièrôn debout, de face, vêtu d’une tunique beige ceinturée à la poitrine, les épaules couvertes d’une cape lilas attachée par une fibule jaune ; un serviteur noir se tient à ses côtés. Le dieu de gauche – figure moins bien conservée – se nomme quant à lui Lycurgue, et est vêtu d’une lourde tunique couverte d’une cape ; également nimbé, il tient une lance autour de laquelle s’enroule un serpent, tandis qu’à ses côtés on distingue une femme habillée d’un chiton bleu clair couvert d’un himation jaune. Nous sommes face à deux divinités militaires, d’origine thrace pour Hièrôn, et syrienne pour Lycurgue. Leur culte, tout comme celui de nombreux dieux orientaux dans l’Égypte romaine, était très présent à cette époque. Ainsi ce panneau devait-il être déposé dans un temple afin de les remercier de leurs bienfaits. L’aspect votif est d’ailleurs évoqué par la patère que tient Hièrôn, de laquelle un liquide coule sur un petit autel. Le nom du donateur de ce panneau apparaît, en lettres grecques, à côté de ce dernier : «Pathèbis, fils d’Hérieus, pour le bien».

Agenda
Une rarissime icône égypto-romaine du IIe siècle, figurant les dieux thrace Hièrôn et syrien Lycurgue, produira le temps fort de cette vente (voir Gazette n° 7 page 98). Il faudra débourser 30 000 € pour son acquisition. Le reste du sommaire proposera des montres-bracelets dont l'une pour homme d'Hublot, « Classic Fusion Ceramic » (4 500 €), et un chronographe de Tag Heuer, « Monaco Twenty Four » (4 000 €), mais aussi une table Refectoire de Jean Prouvé en tôle pliée et à plateau de travertin, acquise vers 1998 à l'occasion d'un déménagement rue Saint-Dizier à Nancy (10 000 €), et un porte-manteau dit « de la Forêt-Noire » en bois sculpté (3 000 €). 
samedi 29 février 2020 - 14:00
Nancy - 52, rue de Nabécor - 54000
Nabecor Enchères
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