La Chine à la mode victorienne

Le 19 novembre 2020, par Caroline Legrand

Acquise lors d’une vente au palais Galliera en 1966, cette paire de meubles témoigne du style éclectique adopté dans l’Angleterre du XIXe siècle. 

Angleterre, époque victorienne. Paire de meubles d’entre-deux en placage de bois de violette et panneaux de laque, ornementation de bronzes dorés, 104 93 40 cm.
Estimation : 12 000/18 000 

Cette paire de meubles d’entre-deux reprend une technique mise au goût du jour par les ébénistes en France au XVIIIe siècle. Ces derniers adaptèrent des panneaux de laque chinois à des meubles de style français, Louis XV en l’occurrence, dans les années 1730 et 1740 qui virent naître cette mode. Parfois, ces laques étant très couteux et difficiles à appliquer sur des côtés plus galbés, ils préféraient utiliser en complément des placages plus traditionnels, comme le bois de violette. Sous le règne de Victoria (1837-1901), l’éclectisme est de mise en Angleterre, et les ébénistes revisitent les styles du passé, mais aussi ceux de pays étrangers. Une période qui peut être mise en parallèle avec celle de Napoléon III en France, qui connaît également la révolution industrielle et l’essor d’une bourgeoisie friande de nouveautés artistiques. Aux côtés des styles Louis XIV, élisabéthain, gothique ou rococo, on trouve ainsi des meubles d’inspiration asiatique, qui répondent eux aussi parfaitement à la demande de richesse des matériaux et des décors. La preuve en est fournie par ces cabinets aux formes typiques chinoises, à deux vantaux et à la serrure centrale richement ornée. Ce sont les architectes William Burges et John Walden qui furent les principaux promoteurs de cette tendance à l’époque victorienne.

Agenda
Le mobilier dominera ce programme grâce à la présence d'une commode Régence à façade légèrement cintrée et décor marqueté de palissandre, le plateau l'étant de motifs géométriques (15 000/18 000 €), et d'une paire de meubles d'entre-deux anglais de l'époque victorienne, en placage de bois de violette et dotés de panneaux de laque ornés de paysages chinois dorés sur fond noir (12 000/18 000 €. Voir Gazette n° 41, page 155). Les amateurs de sculpture hésiteront entre un groupe en bronze d'Antoine-Louis Barye, Cavalier arabe tuant un sanglier (5 000/8 000 €), et un bronze à patine vert nuancé foncé d'Antoniucci Volti, Nu allongé aux jambes croisées, numéroté 6/6 (6 000/8 000 €). L'art animalier sera encore présent en peinture avec un Portrait d'Hector Franchomme à cheval, exécuté en 1935 par Georges Scott (4 000/6 000 €). 
dimanche 29 novembre 2020 - 02:00
Senlis - 63, rue du Faubourg-Saint-Martin - 60300
Actéon - Hôtel des ventes de Senlis
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