Un collier de René Lalique

Le 10 décembre 2020, par Claire Papon

Après une broche, c’est un collier en or émaillé orné de citrines à décor de tournesol qui témoigne du talent de René Lalique.

René Lalique (1860-1945), collier articulé en or jaune à maillons bâtonnets émaillés jaune-brun translucide retenant un pendentif orné d’une citrine épaulée de motifs gravés et émaillés à décor de tournesol et de branchages, supportant une citrine de forme poire, 7 3,7 cm (pendentif).
Estimation : 50 000/70 000 

Le 2 décembre dernier, sous le marteau de la maison Pescheteau-Badin, une broche à décor de libellules en or émaillé ponctué d’aigues-marines était acquise pour 292 100 € (voir page 85) par un particulier français contre le commerce international. Un bon présage pour notre collier à l’esthétique art nouveau. Si les «3 F» –femme, faune et flore – résument les sources d’inspiration du joaillier, seule la dernière a retenu ici son attention. Le tournesol est lié au soleil, cette fleur des champs se tournant vers l’est de manière magique pour aller chercher les premières lumières de l’astre. Nul ne sait toutefois si René Lalique se souciait de cette symbolique ou s’il voyait dans la fleur le parfait complément à la couleur orange-brun de la citrine. Connue depuis l’Antiquité, cette pierre de la famille des quartz avait valeur de porte-bonheur chez les Grecs. Elle rappelle l’intérêt du créateur pour des matières jusque-là peu utilisées comme la corne, l’ivoire, l’émail, les pierres semi-précieuses ou le verre, auquel il dédie un atelier dès 1890. Apprécié de Sarah Bernhardt et de l’homme d’affaires Calouste Gulbenkian, le bijoutier est révélé au public cinq ans plus tard. Son succès ne s’est pas démenti depuis. Cerise sur le gâteau, 24 lots de dessins sur papier calque, certains aquarellés, de l’atelier Lalique, exécutés vers 1900, sont également proposés, avec des estimations oscillant de 500 à 2 500 €.

Agenda
À chaque dispersion sa spécialité, la première revenant aux bijoux et aux objets de vitrine, la seconde à l'orfèvrerie des XVIIIe et XIXe, française et étrangère, et à l'argenterie. Les premiers sont emmenés par un collier de René Lalique en or émaillé ponctué de citrines pour lequel 50 000/70 000 € sont prévus. De l'atelier de ce créateur, on a retenu également un ensemble de dessins (de bijoux) sur papier calque (est. 500 à 2 500 €), de Jules Wiese un collier pouvant former double bracelet de style néo-gothique à décor de têtes de personnages alternés de saphirs cabochons et demi-perles, estimé 10 000/12 000 €. Pour une bague en platine et or gris de chez Boucheron, sertie d'un saphir à pans coupés (Sri Lanka, 10,74 ct), comptez 8 000/12 000 €, pour les montres griffées Rolex ou Omega, Jaeger-LeCoultre ou Universal, 100 à 5 000 €. La seconde dispersion débute avec une importante collection de châtelaines. Soit près de 100 numéros, en métal argenté ou doré, vermeil ou or émaillé, du XVIIIe aux années 1920, l'époque art déco étant illustré par un modèle de chez Lacloche Frères en corail, onyx et diamants pour lequel 15 000/20 000 € sont prévus.
mardi 15 décembre 2020 - 02:00 - Live
Salle 11 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Beaussant Lefèvre
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