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Henri Dubret, bijoutier art nouveau

Publié le , par Caroline Legrand

Aux côtés de René Lalique ou Lucien Gautrait, Henri Dubret est l’un des plus célèbres joailliers de la période art nouveau. Il profite tout comme eux d’une belle cote pour les créations de cette époque.

Henri Dubret, bijoutier art nouveau
Henri Dubret (1872-1947), vers 1902, plaque pour collier ras de cou, en or jaune 18 ct, émail et diamants, à décor naturaliste d’un papillon, de fleurs et feuillages, signée « H. Dubret », poinçon de maître.
Estimation : 4 000/6 000 

Naturalistes et colorés, les bijoux art nouveau sont l’objet de nombreuses convoitises en ce moment. Il faut dire que ces pièces offrent une esthétique des plus originales, fruit d’un mouvement artistique né à la fin du XIXe siècle pour rompre avec la joaillerie traditionnelle faite de pierres précieuses et de formes rectilignes. Place désormais aux lignes courbes, aux matériaux pauvres mais colorés, s’inspirant souvent de techniques ancestrales comme l’émail, l’écaille de tortue et la nacre, et aux motifs inspirés de la nature. Un travail artisanal qui implique une production réduite, et une valeur plus forte. Comme cette plaque, les bijoux art nouveau prennent souvent la forme de broche ou de pendentif, qui permettent aux créateurs de s’exprimer sur une plus grande surface. Fils d’un bijoutier-orfèvre, Henri Dubret entre vers 1892 aux arts décoratifs de Dijon, où il est l’élève du sculpteur Hector Lemaire. En 1897, il commence à exposer au Salon des artistes français des pièces d’orfèvrerie, puis quitte Dijon pour Paris deux ans plus tard. Débute alors sa production de bijoux. Ces derniers, délicats et colorés, ressemblent à de véritables tableaux de marqueterie, dans lesquels ses talents de sculpteur continuent de s’exprimer avec des motifs souvent en haut relief. Travaillant majoritairement sur commande, Dubret sait aussi s’adapter à ses clientes. La Revue de la bijouterie écrit ainsi en 1904 : « Il songe à créer un bijou qui puisse être personnel, pour ainsi dire, à la femme qui le portera, qui puisse être aussi en proportion avec sa personnalité ». Certaines de ses pièces sont conservées dans de grands musées, notamment un peigne à décor de fleurs en corne blanche à celui d’Orsay. Les enchérisseurs se montrent également de plus en plus friands de ses bijoux : un pendentif en or, émail, petits diamants et deux aigues-marines en pendant était adjugé à 66 500 € à Dijon, le 9 mars 2017 (Sadde OVV). Un bon augure pour cette plaque provenant d’une succession locale…

Agenda

Une demi-parure M. Gerard composée d'un collier et d'une paire de clips d'oreilles en or jaune, formés de rangs de chaînes à maille ronde réunis par deux motifs stylisés ajourés et entièrement sertis de diamants, mènera cette vente de bijoux du 29 décembre avec son estimation de 20 000/30 000 €. D'autres grandes maisons de joaillerie seront présentes, comme Cartier avec un collier « Panthère » en or jaune, retenant un pendentif de forme ronde figurant l'animal en émail noir, l'œil en péridot, dans un entourage de brillants (15 000/18 000 €), et René Boivin avec une bague « Quatre corps » en or gris constituée de quatre anneaux articulés ornés de saphirs en serti clos ovales (14 000/18 000 €). Parmi les créations originales susceptibles de créer la surprise, mentionnons ensuite une plaque art nouveau d'Henri Dubret, à décor en émail et diamants de papillon et fleurs (4 000/6 000 €), et une bague Dior du modèle « Pré Catelan » en or jaune, à monture agrémentée de feuillages et d'une abeille, pavée de saphirs roses et diamants et centrée d'importantes roses sculptées  (4 000/5 000 €). 

mardi 29 décembre 2020 - 14:30 (CET) - Live
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