Nature morte du XIXe

Le 13 mars 2019, par Caroline Legrand
Blaise Alexandre Desgoffe (1830-1901), Nature morte aux objets d’art du musée du Louvre : chope en ivoire, coupe montée en agate, coupe montée en cristal de roche et iris sur une base en marbre drapée, huile sur panneau, 1868, 55 62 cm.
Estimation : 5 000/8 000 

Non, vous n’êtes pas devant une nature morte hollandaise du XVIIe siècle, à la perfection technique et au réalisme dignes d’un Willem Kalf ou d’un Willem Claesz Heda. L’auteur de ce tableau est un peintre du XIXe du nom de Blaise Alexandre Desgoffe. Un artiste suffisamment marquant pour qu’une rue porte son nom, à Paris, dans le 6e arrondissement, depuis 1908, mais aussi pour que nombre de ses œuvres soient conservées au musée d’Orsay. Il travailla dans une veine très spécifique de son époque : l’historicisme. Desgoffe vouait en effet une passion aux objets d’art anciens, en particulier du Moyen Âge ou de la Renaissance, tels ceux conservés au musée du Louvre. Il passait ainsi son temps dans la galerie d’Apollon, à dessiner chacun d’entre eux, avec le plus de minutie et de précision possible. En 1890, Dans un opuscule signé Lourdey, et titré Comment procède les maîtres, on le voit d’ailleurs dans une caricature, juché sur un haut tabouret devant la vitrine des gemmes, les étudiant à l’aide d’une grande loupe, avant de les transcrire sur la toile posée sur son chevalet. En fonction des commandes, Desgoffe pouvait varier les sujets, abordant notamment dans les années 1870 les éléments chinois, japonais ou grecs. Ce travail digne de celui d’un orfèvre et cette technique sans faille lui valurent une belle réputation dès 1860. À tel point que, lorsque l’on évoquait un tableau pour son réalisme impressionnant, on le désignait comme un «Desgoffe». Théophile Gautier, Vincent Van Gogh ou encore Alexandre Dumas admiraient ses peintures. Neveu du paysagiste Alexandre Desgoffe (1805-1882) ancien élève d’Ingres , il choisit comme lui la voie de la peinture académique. Inscrit à l’École des beaux-arts de Paris en 1852, il eut comme professeurs Hippolyte Flandrin et William Bouguereau. Bien que s’étant dirigé vers une carrière de peintre d’histoire, il opta pour la nature morte, désireux de rivaliser avec les maîtres du XVIIe siècle. Entre 1857 et 1882, il exposa au Salon ses œuvres au rendu quasi photographique et remporta plusieurs médailles pour des compositions, peintes sur des panneaux lisses afin d’accentuer la virtuosité de sa touche.

Agenda
Si l'on plébiscitera la bague en platine sertie d’un brillant solitaire de 7,45 ct, de couleur K et pureté VS2 (40 000/60 000 €), nous attirerons également votre attention sur un programme complet et homogène, proposant notamment des paysages peints du XIXe, comme La Gardienne de vaches, de l'artiste barbizonnais Paul Désiré Trouillebert (3 000/5 000 €), et La Cueillette des simples, d’un peintre de l’école méridionale fin XIXe-début XXe (même estimation). Les regards seront également captivés par une étonnante Nature morte aux objets d’art du musée du Louvre de Blaise Alexandre Desgoffe, au réalisme hypnotique (5 000/8 000 €. Voir Gazette n° 10, page 158). L’époque art nouveau sera également évoquée avec une vitrine haute d’Émile Gallé, à décor marqueté de cerisiers en fleur (4 000/6 000 €), et une lampe aux pampres de vigne en verre multicouche des établissement Gallé, à chapeau en forme de champignon (2 500/3 500 €). Concluons par un bronze de Pierre Lenordez, Le Steeple-Chase, qui pourrait franchir l'obstacle à 3 400/3 800 €.
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