Guanyin, la bien-aimée

Le 25 mars 2021, par Caroline Legrand

Cette divinité est l’une des plus vénérées du bouddhisme à travers l’Asie. Affectant une élégante position de délassement royal, elle est ici représentée dans le bronze, et non le bois.

Chine, période Yuan-début de la période Ming, fin XIIIe-XIVe siècle. Statuette de Guanyin Avalokiteshvara en bronze à patine brune avec traces de laque or, h. 33 cm.
Estimation : 40 000/60 000 

En bronze à patine brune, cette statuette d’une trentaine de centimètres de hauteur présente encore quelques traces d’une ancienne dorure en laque. La pièce est peu commune car selon les experts, on trouve le plus souvent des effigies de la divinité en bois au cours des XIIIe et XIVe siècles. Après la brillante période des bronzes archaïques de l’époque Shang, l’utilisation de ce matériau aconsidérablement diminué. Il est alors réservé au culte bouddhique ou bien aux œuvres d’art impériales, symbolisant le pouvoir et la richesse. Assise en rajalilasana, Guanyin se présente dans une position de délassement royal, le bras droit reposant légèrement sur le genou replié sur le côté, celui de gauche, tendu, formant appui. Vêtue ’un châle fluide et d’une dhoti au drapé souple, elle est parée de riches bijoux, un anneau enserrant ses cheveux coiffés en un haut chignon et divisés en deux mèches retombant sur les épaules. Mère protectrice des enfants, bodhisattva de la paix et de la compassion, Guanyin est la forme chinoise de la divinité indienne masculine Avalokitesvara, l’un des bodhisattvas les plus vénérés. Ce dernier s’est ainsi féminisé sous l’influence du taoïsme, prenant le nom de Guanyin, «celle qui voit et entend». Encore très importante aujourd’hui – son temple le plus célèbre est situé sur le Putuo Shan, l’une des quatre montagnes sacrées bouddhistes en Chine (au sud de Shanghai) –, cette déesse peut prendre diverses apparences, l’une des plus fameuses étant celle aux mille bras et mille yeux… Pendant les périodes Song, Yuan et au début de l’époque Ming, l’une des iconographies les plus fréquentes en Chine est celle qui, comme ici, la montre assise en rajalilasana, sous une forme baptisée «Guanyin aux reflets de la lune dans l’eau», se référant à un épisode où le bodhisattva médite sur son île en contemplant cette image de la réalité illusoire, que l’on ne perçoit jamais directement. En principe, dans cette représentation, Guanyin se tient sur une base rocailleuse (ici manquante), avec un vase kundika dans sa main ou à ses côtés. Sachez enfin que nous sommes face à une divinité particulièrement humaniste, toujours à l’écoute de ses fidèles.

Agenda
Une rare statuette de Guanyin-Avalokiteshvara du début de l'époque Ming (fin XIIIe-XIVe siècle), en bronze avec traces de laque or, dominera ce programme avec son estimation s'élevant à 40 000/60 000 €. Alentour s'annonce un programme très varié allant d'une sélection d'horlogerie riche d'un chronographe de la Marine nationale, réalisée par la marque Breguet (1 800/2 000 €), et d'une pendule de table « Atmos » de chez Jaeger-LeCoultre (800/1 200 €), à plusieurs tableaux anciens et modernes. Parmi ces derniers, nous mettrons en avant une Marine signée Malfroy, à 2 000/3 000 €, ou encore une toile de l'école allemande du XVIe siècle, Le Bain de Diane, à 2 500/3 500 €. On n'oubliera pas enfin pour les arts du XXe siècle une Compression de César, pour laquelle ferrailler à 3 000/5 000 €. 
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne