L’esprit Belperron

Le 01 juillet 2020, par Claire Papon

Commandés dans les années 1960 à Suzanne Belperron, une parure et un bracelet provenant du même écrin illustrent l’art subtil de la créatrice.

Bracelet en or gris formé de deux demi-joncs ornés en serti-clos de saphirs carrés ou de diamants demi-taille épaulés de saphirs triangulaires ou de trois diamants formant un triangle, poinçon du joaillier Darde & Fils pour Belperron, poids : 73,7 g.
Estimation : 20 000/30 000 

«Ce que j’aime chez Suzanne Belperron, c’est son usage inhabituel des pierres et des matières, son dessin si particulier et ses mélanges de couleurs», expliquait Karl Lagerfeld, collectionnant ses clips en guise d’épingles à cravates depuis les années 1960. Estimée 6 000/8 000 €, la parure pourrait être disputée au-delà si l’on en juge par la faveur dont jouit l’artiste, un temps oubliée mais redécouverte lors de la vente aux enchères par Sotheby’s, les 2 et 3 avril 1987, à Genève, de la collection de bijoux de Wallis Simpson, l’une de ses grandes admiratrices et clientes régulières. Notre parure se compose d’un collier draperie en chute, d’une paire de clips de même inspiration et d’une bague de genre chevalière, en semis de citrine rectangulaires ou ovales. Quelques années plus tard, la commanditaire sollicite à nouveau Suzanne Belperron (1900-1983) pour ce bracelet jonc, simple et sophistiqué à la fois. Nos bijoux portent le poinçon du joaillier Darde & Fils – ses fabricants exclusifs –, la créatrice ne signant jamais ses œuvres. Aucune ne ressemble à une autre en effet. Tout dépend de celle qui la portera. Avant de laisser libre cours à son imagination, l’artiste passe de longues heures avec sa cliente, dont elle étudie la forme du visage, observe la couleur des yeux et des cheveux, sa carnation, la taille de ses poignets et de son cou. Avant de réaliser une pièce sur mesure associant en des choix audacieux couleurs et matières pour créer de savants jeux de lumière…

Agenda
Inutile d'attendre longtemps pour espérer une belle bataille d'enchères au premier de ces deux jours de ventes, 30 000/40 000 € étant attendus d'une bible manuscrite rédigée à Arras ou à Cambrai, vers 1250-1275, sur parchemin, avec plusieurs initiales peintes à l'or bruni (325 feuillets, reliure du XVIe siècle). Après les bibliophiles, ce sont les amateurs de bijoux qui seront sollicités. Les plus fortunés engageront 6 000/8 000 € et 20 000/30 000 € respectivement sur une parure en or jaune et citrine et un bracelet des années 1960-1970 de Suzanne Belperron, tandis que 5 000/7 000 € permettront de décrocher un bracelet souple signé Cartier (probablement pièce unique) articulé d'anneaux imbriqués en or de trois couleurs, le fermoir de forme tonneau en lapis-lazuli. De la seconde dispersion, on a relevé une paire de dessus-de-porte figurant des architectures sur une côte méditerranéenne de l'école italienne fin XVIIIe (3 000/5 000 €), une boîte à sucre couverte à pans coupés en porcelaine de Meissen vers 1722 à décor de paysages (6 000/8 000 €), un carré de toilette en palissandre et marqueterie de laiton gravé d'époque Louis XIV, 10 000/20 000 € (voir Coup de cœur Gazette n° 25, page 22). Tableaux autant qu'objets de curiosité, on citera deux plaques formant pendant à l'huile sur paséine, attribuées à Filippo Napoletano (1587-1629) : Jésus en prière au mont des Oliviers et La Tentation du Christ devraient trouver preneur à hauteur de 15 000/20 000 €.
mardi 07 juillet 2020 - 14:15 - Live
Salle 6 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Fraysse & Associés
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne