L’hégémonie hollandaise par Abraham Willaerts

Le 08 octobre 2020, par Caroline Legrand

Peintre de marines hollandais, Abraham Willaerts glorifie la puissance sur les mers de son pays dans des compositions décrivant les plus beaux et célèbres bateaux de sa flotte.

Abraham Willaerts (1603-1669), Vaisseaux, dont l’Amélia, devant la ville de Mauritsstad, Brésil, 1642, panneau, une planche, non parqueté, signé et daté, 46 81 cm.
Estimation : 10 000/15 000 

Formé par son père Adam Willaerts, également peintre de marines, Abraham fut par la suite l’élève de l’artiste caravagesque d’Utrecht Van Bijlert, mais aussi du Français Simon Vouet, à Paris. Autant de maîtres et de talents variés qui lui permirent d’enrichir sa propre palette et de donner vie à ses œuvres de grande qualité picturale et d’une indéniable force expressive. Devenu maître de la guilde de Saint-Luc d’Utrecht en 1624, il sera bientôt reconnu dans tout le pays, et nommé, en 1638, peintre de la cour du comte Jean-Maurice de Nassau-Siegen, gouverneur général du Brésil néerlandais. Abraham Willaerts restera durant six années au service de cet homme, qui, arrivé en 1637 au Brésil, en chassa les Portugais grâce à l’appui de ses quelque soixante-dix navires. Ainsi l’Amélia, le vaisseau militaire identifié dans ce tableau, était le navire amiral de Maarten Tromp, lui-même amiral des Provinces-Unies envoyé en Nouvelle-Hollande, au Brésil, dont la capitale portuaire était alors Mauritsstad. Aujourd’hui englobée dans Recife, cette cité prospère grâce au commerce du sucre fut fondée par Nassau-Siegen, qui y bâtit son palais et y installa son parlement. C’est sans doute cette cité fortifiée par l’architecte François Ferry, collaborateur de Vauban, que l’on perçoit à l’arrière-plan du tableau, avec son banc de sable. Un site stratégique, emblème de la domination hollandaise.

Agenda
Une marine du peintre hollandais Abraham Willaerts, Vaisseaux dont l'Amelia, devant la ville de Mauritsstad, Brésil, datée de 1642, mènera ce programme avec son estimation s'élevant à 10 000/15 000 €. En decà, on trouvera de nombreux bijoux dont une bague en platine ornée en serti griffes d'un diamant demi-taille de 4,45 ct environ, de couleur présumée H et pureté SI3 (7 000/9 000 €) mais aussi une gouache signée Galien-Laloue, Barque en bord de Seine (4 000/6 000 €), et un étui à cigarettes fin XIXe-début XXe en or jaune poli, gravé du monogramme « ASG » et coté 4 500/5 000 €. 
samedi 10 octobre 2020 - 09:00
Nîmes - 21, rue de l'Agau - 30000
Ivoire - Hôtel des ventes de Nîmes
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