Boîtes à musique

Le 07 novembre 2019, par Sophie Reyssat

À l’orée du XIXe siècle, les horlogers suisses donnent le la en matière de bijoux mécaniques.

Travail suisse attribué à Bessière et Schneider, vers 1810. Boîte à musique miniature en forme de harpe, en or, perles, brillants et émail polychrome, 7 cm, poids brut : 44 g (on joint une clef lyre en or rose).
Estimation : 8 000/12 000 

Au début du XIXe siècle, la harpe n’en finit pas d’être à la mode. Alors que Marie-Antoinette et Mademoiselle de Saint-Aubin avaient montré l’exemple dans une société où les salons bourgeois raffolaient eux-mêmes de concerts privés, l’engouement du nouveau siècle pour la poésie ossianique de James Macpherson et pour l’Arioste profite au renouveau de l’instrument : Adrien Boieldieu, Jean-François Le Sueur et Étienne-Nicolas Méhul lui écrivent de belles partitions, entre 1800 et 1806. La passion pour la harpe trouve également son illustration dans cet objet de charme, attribué à Bessière et Schneider. Les artisans genevois se sont associés de 1805 à 1808 pour créer des bijoux miniatures et des boîtes à musique mécanique, alors très appréciés. Cette pièce est à rapprocher de modèles conservés au musée Cognacq-Jay, à Paris, au Victoria Albert Museum, à Londres, et au musée genevois Patek-Philippe. Un autre bel objet musical sera à l’honneur : un oiseau chanteur au bec d’ivoire et au plumage irisé, atout charme d’une boîte en écaille de la maison Frères Rochat. Les pièces de cette dernière sont réputées pour leur qualité et certaines sont extrêmement rares, comme ses pistolets à oiseaux chanteurs que se disputent musées et collectionneurs. Le modèle proposé adopte une configuration plus traditionnelle : dissimulé sous un couvercle en métal doré gravé de volatiles, l’oiseau est libéré par un mécanisme à clef, qui lui donne l’énergie de virevolter et de chanter (6 000/8 000 €).

Agenda

Près de 180 bijoux ouvriront les enchères à prix doux. Le XIXe siècle sera bien représenté, notamment par des camées, montrant un visage égyptien coiffé d’un némès sur une broche (300/500 €), ou des profils de femme déclinés sur le bracelet articulé, les deux épingles de revers, la broche et les deux boucles d’oreilles d’une parure Napoléon III (600/800 €). Un collier tubogaz des années 1950, transformable en deux bracelets et dont le pendentif devient une broche, sera remarqué autour de 3 250 €. Les objets de vitrine mettront les boîtes à musique en vedette, avec une harpe exécutée vers 1810 par Bessière et Schneider (10 000 € environ), avant de passer à une soixantaine de montres, emmenées par une Patek Philippe en or jaune entièrement guilloché (7 000/7 500 €). Suivront les accessoires de mode, « Kelly » Hermès et sacs Céline et Chanel en tête.

dimanche 10 novembre 2019 - 00:00 - Live
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