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La mort de Saint François-Xavier saisie dans l'ivoire

Le 11 mars 2021, par Claire Papon

Cette œuvre remarquablement taillée dans l’épaisseur d’une plaque d’ivoire représente la mort de saint François-Xavier. Elle n’est ni signée, ni attribuée mais s’inscrit dans le courant baroque de l’école romaine promue par Pierre de Cortone et le Bernin.

La mort de Saint François-Xavier saisie dans l'ivoire
Rome, La mort de saint François-Xavier, plaque en ivoire sculpté, bas-relief et demi-bosse, 12,4 18,1 1,9 cm.
Estimation : 20 000/25 000 

C’est probablement vers le nord qu’il faut se tourner pour chercher la main qui a joué avec tant de brio des forts-reliefs et des très bas-reliefs, équilibré les pleins et les vides, froissé les drapés, traité avec une finesse extrême les détails anatomiques, notamment les mains et les pieds. Et qui a réussi à capter l’expression de souffrance du missionnaire jésuite, mort en 1552 sur l’île de Sancian, au large de la Chine. Le sculpteur est-il Francis Van Bossuit (1635-1692) ? Balthasar Permoser (1651-1732) ? Le premier s’est formé à Bruxelles et à Anvers avant de gagner l’Italie vers 1655-1660 et de devenir membre de la guilde des artistes néerlandais à Rome. Il est considéré comme le maître de l’ivoire de cette période, même s’il n’est pas le seul à réaliser ce type de petits tableaux. Le second, renommé pour ses sculptures monumentales mais aussi pour ses œuvres intimes, fait ses classes à Salzburg puis à Vienne, puis se rend en Italie en 1676. Il entre au service de Cosme III de Médicis et intègre l’atelier de Giovanni Battista Foggini. Van Bossuit et Permoser se sont probablement connus dans la Ville éternelle. Ce qui est sûr en tout cas, c’est que notre panneau s’inspire directement d’un tableau de Giovani Battista Gaulli, dit il Baciccio (1639-1709), réalisé pour la chapelle dédiée à saint François dans l’église Sant’Andrea al Quirinale de Rome.

Agenda
Petit par la taille, l'objet pourrait largement dépasser son estimation de 5 000/8 000 €. La bataille pourrait bien être rude pour s'offrir une rare noix de prière en buis sculpté d'une scène de nativité, travail de l'atelier hollandais d'Adam Dircksz du tout début du XVIIe siècle (voir Gazette n° 9, page 22). Les amateurs de bois sculpté et ceux de Haute Époque sont décidèment très sollicités, qui devront engager entre 50 000 et 80 000 € sur un élèment de retable figurant une scène de Dormition de la Vierge, œuvre d'un atelier souabe ou du Rhin supérieur du premier quart du XVIe siècle (voir Gazette n° 4, page 6). Autre beau morceau de sculpture que cette plaque en ivoire figurant, en bas relief et demi-bosse, La Mort de saint François-Xavier. Il s'agit d'un travail exécuté  à Rome vers 1676-1685, dont 20 000/25 000 € sont avancés. Côté cimaises, une Sainte conversation de Pietro degli Ingannati (milieu du XVIe), inspirée de Bellini pour la composition des personnages à mi-corps sur fond de paysage, pourrait trouver preneur entre 40 000 et 60 000 €, tandis qu'une séduisante Marine, avec au fond la ville de Dordrecht de Jacob Arie Bellevois, à la palette lumineuse, pourrait recueillir entre 10 000 et 20 000 €. Connu des enchérisseurs comme des visiteurs de l'exposition « Cézanne et les maîtres, rêve d'Italie » (musée Marmottan Monet, 27 février-5 juillet 2020), un portrait de jeune fille du futuriste Umberto Boccioni, Rittrato di fanciulla, 1910,  à la touche rayonnante, est espéré autour de 300 000/400 000 €. On termine avec une importante partie de service de table modèle « Rousseau » en faïence fine, de chez Lebeuf et Millet (Creil-Montereau, 10 000/20 000 €), et une commode Mazarine à riche décor marqueté de rinceaux, attribuée à Renaud Gaudron. Pour ce meuble d'époque Louis XIV conservé dans la même famille depuis plus de cent ans, prévoyez 30 000/50 000 €.
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