Saint Pierre en Nouvelle-Espagne

Le 15 septembre 2021, par Vanessa Schmitz-Grucker

Bachiller Carlos de Villalpando est le fils de l’un des peintres les plus connus de la Nouvelle-Espagne au XVIIIe siècle, Cristobal de Villalpando. Deux figures énigmatiques à l’œuvre fertile.

Attribué à Bachiller Carlos de Villalpando (actif au XVIIe siècle), Nouvelle-Espagne,  Martyre de saint Pierre, huile sur toile, 246 150 cm.
Estimation : 1,6/2,5 MMXN (environ 64 000/110 000 €)

Ce n’est pas une, mais deux œuvres de Bachiller Carlos de Villalpando qui se trouvaient dans la collection d’un duc de la Nouvelle-Espagne dispersée par Morton Subastas. La biographie de Bachiller Carlos de Villalpando, comme celle de son père, reste énigmatique. L’aïeul, qui fut à la tête de la guilde des peintres entre 1686 et 1699, est connu pour ses immenses toiles et fresques religieuses, notamment celles de la cathédrale métropolitaine de Mexico. Le fils semble alors suivre une voie toute tracée, se laissant tantôt influencer par son père, tantôt par les maîtres italiens, notamment Le Caravage et Guido Reni. Ce Martyre de saint Pierre, qui lui est attribué, offre des dimensions imposantes (246 150 cm) et reprend, en termes de composition, les innovations du baroque italien. Dans un décor sombre et rocailleux, situé aux portes de Rome, le peintre s’arrête avec une tension dramatique sur l’instant qui précède le martyre. Il reprend les diagonales du Caravage dans Le Crucifiement de saint Pierre réalisé en 1601 pour l’église Santa Maria del Popolo à Rome. Mais les Romains qui soulèvent la croix, comme l’apôtre et la coupole du panthéon d’Agrippa au loin, affichent un traitement plus stylisé, dans la veine de la Renaissance allemande à l’image de la seconde huile, le Martyre de saint Paul, davantage inspiré par les représentations de Lucas Cranach l’Ancien. Peu étudiées, les œuvres de Villalpando, père et fils, semblent être un témoignage clé des influences qui transitent entre le Vieux et le Nouveau Continent.

Agenda

C’est dans l’intimité d’un duc de la Nouvelle-Espagne que nous convie cette vacation mexicaine. La collection, riche et variée, est à l’image de l’histoire familiale dont les racines remontent au XVe siècle. Sans surprise, la peinture novo-hispanique domine les enchères. Parmi les lots les plus prestigieux : ces deux tableaux du XVIIIe siècle, attribués au peintre mexicain Bachiller Carlos de Villalpando – huiles sur toile figurant le martyre de saint Pierre et le martyre de saint Paul – reprennent des sujets représentés par Cranach l’Ancien et le Caravage. Les deux œuvres sont respectivement annoncées à 1,6/2,5 MMXN$. On trouve également des peintures anonymes, comme une Adoration des Mages, huile sur toile de la fin du XVIIe siècle (600 000/800 000 MXN$) ou encore le Portrait de Don Pedro de Acuña y Avellaneda, huile espagnole du XVIIIe siècle (350 000/500 000 MXN$). Mention spéciale au mobilier, avec une commode-secrétaire à décor de marqueterie de style hollandais, travail du XIXe siècle (180 000/200 000 MXN$).

jeudi 23 septembre 2021 - 17:00
Mexico City - Ciudad de Mexico - 01050
Morton Subastas
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