Adam Henein, peintre et sculpteur égyptien

Le 19 novembre 2020, par Caroline Legrand

Décédé cette année, Adam Henein nous laisse des œuvres marquées par la tradition millénaire de son pays, mais aussi par l’art abstrait. 

Adam Henein (1929-2020), Sans titre, 1983, technique mixte sur papyrus, signé des initiales, daté et annoté, 89 87 cm.
Estimation : 4 000/6 000 €

« La scène des arts visuels égyptienne perd un génie, un symbole », déclarait la ministre de la Culture égyptienne Ines Abdel-Dayem le 22 mai dernier, jour de la mort d’Adam Henein. Ses sculptures en granit figurant des chevaux ou des personnages, aux formes monumentales et épurées, l’ont rendu célèbre. La maîtrise de son art lui a d’ailleurs permis d’être choisi, dans les années 1990, pour participer à la restauration du Grand Sphinx de Guizeh. C’est d’ailleurs dans cette région qu’il a transformé sa maison en musée, où l’on peut aujourd’hui admirer ses œuvres, aussi bien des sculptures que des peintures. En effet, Henein a pratiqué les deux disciplines. Issu d’une famille cairote d’orfèvres et de bijoutiers, il s’est adonné très jeune à la sculpture, puisant son inspiration dans l'Antiquité égyptienne, modelant dans l’argile des portraits de pharaons. Diplômé des Beaux-Arts du Caire en 1953, il part ensuite pour Munich, puis à Paris où il vivra durant une vingtaine d’années. Au début des années 1970, en France, il se lance dans la peinture. Là encore, sa culture influence son travail, notamment avec l’utilisation d’oxydes naturels égyptiens – fer, manganèse ou chrome –, mélangés à de la gomme arabique, et le papyrus comme support. Mais si ses premiers sujets sont figuratifs, il tend peu à peu vers l’abstraction, avec des imbrications rythmées de formes géométriques colorées. La tradition et la modernité réconciliées.
 

Agenda
Si les estimations verront s'imposer un diamant rond brillant moderne de 1,80 ct, de couleur E et pureté SI2 (13 000/15 000 €), et un important groupe sculpté en alliage ferrugineux de Cheval et poulain de la seconde moitié du XXe siècle (8 000/12 000 €), nous attirerons tout particulièrement votre attention sur une technique mixte sur papyrus de l'artiste égyptien Adam Henein, disparu cette année à 91 ans (4 000/6 000 €). Nous mettrons encore en avant aux cimaises le Portrait de trois Algériens sous le pinceau en 1944 de l'orientaliste belge Émile Deckers (4 000/5 000 €), mais aussi du côté des arts décoratifs une rare jatte patronymique en faïence de La Rochelle : une pièce à décor en camaïeu bleu et ocre de six personnages sur deux terrasses fleuries entourée d'arbres et ayant pour inscription, datée de 1758, "Mesdames qui sont ses deux vieliard queu de la hau messieur sont nos peres les mary de nos mere mentenan sont nos maris et les perre de ses peuty" (3 300/3 500 €).
samedi 21 novembre 2020 - 10:00
Poitiers - 22, boulevard du Grand-Cerf - 86000
Hôtel des Ventes de Poitiers Boissinot & Tailliez
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