Sous la protection de Maahès

Le 21 juillet 2021, par Caroline Legrand

D’une taille appréciable, cette statuette appartient à la belle production de bronzes artistiques de la Basse Époque. Elle figure en outre un dieu plutôt rare, Maahès.

Égypte, Basse Époque, 664-332 av. J.-C. Statue en bronze du dieu Maahès léontocéphale, surmonté de l’uraeus, h. 22,2 cm.
Estimation : 15 000/20 000 

Avec sa tête minutieusement exécutée, ses traits fins et sa silhouette élancée, cette statuette de plus de 22 cm de hauteur attire l’œil. Provenant d’une collection particulière constituée dans les années 1980, le socle étant plus ancien, elle ne devrait pas manquer de séduire les amateurs d’effigies de divinités égyptiennes. D’autant que le dieu représenté, Maahès, ne se dévoile pas fréquemment. Bien moins célèbre que sa mère Bastet, la déesse féline, il est lui aussi un dieu de la guerre, comme la plupart des divinités d’apparence léonine. Successeur de Sekhmet à l’époque du Nouvel Empire, il lutte aux côtés de Rê afin de vaincre le serpent Apophis, et protège le pharaon durant les batailles. Il est considéré comme le gardien et le seigneur des horizons. Cette statuette appartient à la grande production de bronzes égyptiens qui commence dès la Troisième Période Intermédiaire (1069-664 av. J.-C.) et perdure jusqu’à la dynastie ptolémaïque (332-30 av. J.-C.). « En réalité, les Égyptiens ne sont pas de grands bronziers, notamment car le pays est pauvre en étain, matériau indispensable pour sa fabrication», précise l’expert Daniel Lebeurrier. Mais lors de la Troisième Période Intermédiaire, les règnes successifs sont en grande partie d’origine étrangère, notamment libyenne, nubienne et assyrienne. Ces souverains apportent avec eux leur culture et leurs diverses pratiques artistiques. Ainsi la production de bronze devient-elle alors de plus en plus importante. Cette statuette peut être datée, selon l’expert, du début de la Basse Époque, et plus précisément de la XXVIe dynastie (664-525), qui voit la défaite des Assyriens et le retour au pouvoir des Égyptiens, permettant l’unification du pays. Les pharaons renouent alors avec l’art ancien, notamment avec celui du Nouvel Empire, dont cette statue reprend les canons.

Agenda
Issue d'un travail de la Basse Époque (664-332 av. J.-C.), une effigie du dieu Maahès en bronze sera disputée à hauteur de 15 000/20 000 € : une œuvre rare de belle dimension, haute de 22 cm, qui devrait interpeller les collectionneurs d'art égyptien. On se rendra ensuite en Chine grâce à un brûle-parfums tripode de la fin du XIXe ou du début du XXe en bronze de patine médaille, à la panse galbée surmontée de deux anses évasées en arc de cercle (400/500 €). De la section marine, nous retiendrons encore une maquette de chantier du chalutier Bois Rosé 1, datée de 1922-1923, dont on attend 2 000/3 000 €.  
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne