Justus Van Huysum : le dire avec des fleurs…

Le 01 juillet 2020, par Caroline Legrand

Cette riche composition fleurie signée Justus Van Huysum témoigne que la nature morte est tout un art en Hollande au XVIIe siècle...

Justus Van Huysum (1659-1716), Bouquet de fleurs dans un vase sur un entablement, huile sur toile, signée, datée 169(7), 93,5 84,5 cm.
Estimation : 8 000/12 000 

Pour se hisser au rang de genre pictural à part entière, la nature morte a dû effectuer un long parcours de plusieurs siècles, débutant avec les mosaïques et les peintures de la Grèce et la Rome antiques, où la nature était représentée de manière fidèle, à l’image des oiseaux venant picorer les raisins peints par Zeuxis. On trouve un relais dans la peinture religieuse des XIVe et XVe siècles, où les fleurs sont particulièrement présentes, notamment avec le bouquet de pureté déposé aux pieds de la Vierge dans les scènes d’Annonciation. Mais les éléments secondaires, ces faire-valoir que sont les fleurs, les fruits ou les animaux deviennent les sujets à part entière des compositions de plus en plus naturalistes d’artistes italiens ou nordiques. Si les premières natures mortes hollandaises du XVIe siècle conservent un rôle symbolique et moralisateur, elles s’en libèrent au XVIIe pour exprimer toute la beauté de cette nature que l’on connaît désormais mieux grâce aux ouvrages scientifiques, tels L’Herbarum vivae icones d’Otto Brunfels ou L’Histoire de la nature des oiseaux de Pierre Belon. La grande variété d’espèces de cette composition de Justus Van Huysum en est une belle démonstration. Le peintre d’Amsterdam déploie sa maestria pour décrire les tulipes, roses, succulentes et autres fleurs de liseron présentées dans un vase de pierre, sculpté d’un étonnant lézard. Nous sommes sans conteste devant une peinture typique de la nature morte hollandaise à son âge d’or.

Agenda
L'éclectisme sera roi avec aussi bien une montre chronographe de chez Breitling, une « Navitimer 50th Anniversary 1952-2002 » (8 000/12 000 €), qu'un Bouquet de fleurs dans un vase sur un entablement, du peintre Justus van Huysum (même estimation), ou qu'un fort volume de l'Introductio generalis in rem herbariam d'Augustus Quirinus Rivinus, édité à Leipzig en 1690-1699 chez Günther et Fleischer (3 000/5 000 €). On admirera encore le geste du Discobole en bronze de Marcel Homs (1910-1995), fondu par Susse (2 000/3 000 €), et une scène tauromachique, Suerte de Varas, sous le pinceau d'Emilio Grau Sala (même estimation). 
mercredi 08 juillet 2020 - 14:30 - Live
Toulouse - 2, rue du Languedoc - 31000
Suduca Commissaire-Priseur
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