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Les artisans de Marolles et Jean Touret

Le 10 novembre 2021, par Caroline Legrand

Acquis dans les années 1960, cet ensemble mobilier des artisans de Marolles et du Loir-et-Cher, sous la direction de Jean Touret, représente bien plus qu’un phénomène artistique. 

Les artisans de Marolles  et Jean Touret
Artisans de Marolles et du Loir-et-Cher, sous la direction artistique de Jean Touret (1916-2004), vers 1960. Enfilade rectangulaire en chêne clair, poignées en fer forgé, estampillée au fer à deux reprises «Marolles» avec l’éléphant, 98,5 199,5 50 cm.
Estimation : 2 000/3 000 Adjugé : 29 760 €


Une «aventure sociologique» : l’expression est revendiquée par François Touret, auteur du livre autour de ce mouvement des années 1950 initié par son père Jean. Fait prisonnier durant la guerre en Allemagne, ce dernier ne peut, à son retour en France, reprendre sa vie de peintre et décide de s’installer à la campagne, à Marolles, un village de 450 habitants du Loir-et-Cher, non loin de Blois. C’est en venant chercher son tabac dans le commerce du village qu’il rencontre des artisans désœuvrés de la commune : les menuisiers Maurice et Émile Leroy, le ferronnier Henri Vion, le vannier Edmond Le Flohic et le potier Manuel Gold. À une époque où l’industrialisation et la standardisation du mobilier sont de mise, Jean Touret a l’idée de prendre le contrepied de cette tendance en créant des meubles artisanaux, faisant appel à un savoir-faire séculaire. Cette aventure durera une vingtaine d’années, entre 1950 et 1970. La production est relativement restreinte, et se répartit en quatre périodes. Les deux premières – celles des «Artisans de Marolles» (1950-1959) et des «Artisans de Marolles et de Loir-et-Cher» (1959-1964) – sont les plus importantes : Jean Touret quitte le village en 1964, et ce style si pur perdra de son unité. L’estampille caractéristique en forme d’éléphant est présente sur cette enfilage des «Artisans de Marolles et du Loir-et-Cher» datée vers 1960 (2 000/3 000 €), ouvrant à quatre portes sculptées en nid d’abeille à l’herminette et à poignées d’ouverture en fer forgé à décor de serpents stylisés, mais aussi sur une série de six chaises de même période en chêne clair, sculpté également en nid d’abeille (95 40,5 45 cm, 2 000/3 000 €). Datant quant à elle de l’époque des «Artisans de Marolles», une table rectangulaire en chêne clair sculpté du même motif et aux pieds de métal laqué noir sera attendue à 3 000/5 000 € (74 190 89 cm). Comptant aussi un meuble haut (voir photo page de gauche), un bureau et un tabouret, l’ensemble a été acquis entre 1965 et 1970 par un couple de la région et conservé jusqu’à ce jour dans leur descendance, certaines réalisations ayant fait l’objet d’une commande.
 

 

Artisans de Marolles et du Loir-et-Cher sous la direction artistique de Jean Touret (1916-2004), vers 1960. Meuble rectangulaire en chêne clair, poignées de tirage et gonds en fer forgé à décor de spirales et serpents stylisés, estampillé au fer «Marolles» avec l’éléphant, 180 89,5 50 cm.
Estimation : 1 500/2 000 

 
Panorama (avant-vente)

Présent en or

Le 10 novembre 2021, par Caroline Legrand
Présent en or

Annoncée à 20 000/30 000 € (adjugée : 34 720 €), le samedi 20 novembre à Tours (Hôtel des ventes Giraudeau OVV), cette fontaine du XIXe siècle en or jaune, arborant une silhouette de vase ovoïde sur piédouche, présente un couvercle circulaire à prise en forme de corbeille de fruits surmontée d’un aigle couronné et ceint d’un rang de perles ; les anses à enroulements feuillagés sont agrémentées de quatre petites émeraudes en cabochon, et rattachées à la panse par des visages de barbus (33 17 19 cm). Enfin, le robinet prend la forme d’un animal hybride aux yeux en turquoise. Portant l’inscription «Madagaskar», elle aurait été offerte en cadeau par la reine Ranavalona Ire à une famille aristocratique française de la fin du XIXe siècle.

Agenda
Un ensemble mobilier des Artisans de Marolles et du Loir-et-Cher, sous la direction de Jean Touret (Voir Gazette n°40, page 147), proposera notamment une table rectangulaire en chêne clair (3 000/5 000 €) et une série de six chaises de même essence, sculptées en nid d'abeille à l'herminette (2 000/3 000 €). Retour au luxe et à la dorure avec une fontaine du XIXe en or jaune, figurant un vase ovoïde sur piédouche à couvercle circulaire, prise en corbeille de fruits surmontée d'un aigle couronné et ceint d'un rang de perles, le robinet en ronde bosse figurant un animal hybride aux yeux de turquoise. Son décor ciselé de rinceaux feuillagés, aigles couronnés et petits cartouches porte l'inscription « Madagaskar » : selon la tradition familiale, cette pièce aurait été offerte par la reine de Madagascar à une famille aristocratique française à la fin du XIXe siècle (20 000/30 000 €. Voir Gazette n°40, page 153). Concluons sur une Nature morte aux fruits dans une niche, du peintre flamand du XVIIe Jacob Rotius, dont on attend 8 000/12 000 €.
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