Corot, la lumière italienne

Le 29 avril 2021, par Caroline Legrand

Si une toile de l’inventeur de l’outrenoir tient le haut de l’affiche, ce lumineux paysage de Camille Corot ne manquera pas non plus de déclencher une belle bataille d’enchères.

Camille Corot (1796–1875), Deux moines sur la terrasse du palais Doria à Gênes, juin 1834, huile sur toile, 25 36,5 cm.
Estimation : 150 000/250 000 €


Soulages suit un chemin tout tracé pour un peintre : la recherche de la lumière, rendue magistralement dans une toile de 1975 (voir couverture et page 6 de la Gazette n° 16). Il eut un prédécesseur qui se consacra à l’étude de l’atmosphère lumineuse au fil des heures, Corot. Depuis le XVIIIe siècle, le voyage en Italie fait partie de la formation de tout jeune artiste. En 1823, entré dans l’atelier de Michallon, tout juste de retour de la péninsule, Camille Corot est initié à la peinture de plein air. Deux ans plus tard, il exauce son désir pour un séjour de trois ans ; passant par la Suisse, il arrive à Rome en décembre. L’été suivant, il travaille dans les monts Sabins, au cœur de la région des lacs albaine, et l’hiver, à Tivoli. En 1827, il poursuit ses « campagnes de peinture ». Au printemps de l’année suivante, il visite Naples et, après un séjour à Venise, est de retour à Paris à l’automne. Il rapporte de ce voyage maintes ébauches qu’il rependra en atelier. Pour les paysagistes, les esquisses prises sur le vif en Italie constituaient un matériau précieux permettant d’élaborer, parfois plusieurs années plus tard, de vastes compositions. Le deuxième voyage, en 1834, le mène en Toscane, à Venise et dans la région des lacs. Corot note dans un de ses cahiers : « Arrivés à Gênes le 1er juin 1834, à 4 12 du soir (hôtel du Petit Paris) ». Pendant ce court séjour, il peint ce tableau, qui figurera dans sa vente après décès. Il reprend là une composition déjà utilisée à Rome ainsi que dans la capitale de la Toscane pour une peinture réalisée en 1835, à son retour : une Vue de Florence depuis le jardin de Boboli, où deux moines conversent en admirant le panorama sur la ville. Pour l’esquisse de Gênes, l’artiste place les deux religieux sur la terrasse du palais Doria, dominant le port. Le ciel d’un bleu céruléen est à peine traversé par de légers nuages, la ville est brossée dans une gamme de beiges clairs, les silhouettes des moines se détachant dans l’air cristallin. Un sentiment de paix se conjugue avec l’harmonie de l’œuvre, que rependront les impressionnistes. « Il est toujours le plus grand, il a tout anticipé », devait noter Degas en 1883.

Panorama (avant-vente)

De Mirecourt à Lille

Le 29 avril 2021, par Caroline Legrand

Après sept années d’apprentissage à Mirecourt, Joseph Hel (1842-1902) se perfectionne chez Sébastien Vuillaume à Paris, puis chez Nicolas Darche à Aix-la-Chapelle, avant de s’établir à son compte à Lille, en 1865. Il est l’inventeur d’un système ingénieux de chevilles permettant d’accorder l’instrument sans secousses et d’empêcher la corde de se dérouler. En est doté ce violoncelle, prisé 40 000/60 000 €, fait à Lille en 1895 et aux quatre chevilles marquées « Breveté J. Hel. Lille ». Il côtoiera des tableaux et des objets d’art à Montpellier, le samedi 8 mai, dans une vacation proposée par l’Hôtel des ventes de Montpellier Languedoc.

Agenda
Outre la vedette de cette vente, une peinture de Pierre Soulages datée 1975 (500 000/800 000 € - Voir couverture et page 6 de la Gazette n° 16), on s'intéresse à une huile sur toile de Bernard Buffet (1928-1999), Maison rose au bord du canal, de 1982 (70 000/90 000 €). À leurs côtés aux cimaises se laissera contempler une toile peinte en juin 1834 par Camille Corot, Deux moines sur la terrasse du palais Doria à Gênes, annoncée à 150 000/250 000 € (voir Gazette n° 17, page 95). Au chapitre mobilier et objets d'art, on retient de l'époque Transition une commode à ressaut central en placage de bois de rose, disposé en ailes de papillon dans des encadrements de filets à grecques, en bois jaune et amarante, portant l'estampille de Pierre Roussel (4 000/6 000 €). Pour jouer du violoncelle de Joseph Hel, fait à Lille en 1895 (40 000/60 000 € - Voir Gazette n° 17, page 99), on choisira enfin l'archet de Paul Jombar fait vers 1890-1900, à baguette ronde en ébène montée argent, grain simple et bouton trois pièces. Son estimation ? 12 000/14 000 €.
 
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