Diptyque en ivoire du XIVe siècle

Le 01 avril 2021, par Caroline Legrand

Bientôt âgé de 700 ans, voici un bel exemple de la production d’ivoires parisienne de cette époque, mais aussi de sa sculpture.

Paris, deuxième tiers du XIVe siècle. Diptyque en ivoire sculpté en haut relief représentant la Vierge à l’Enfant et la Crucifixion, 8 0,5 cm.
Estimation : 6 000/8 000 

Au début du XIVe siècle, Paris est le plus grand centre occidental de production d’objets en ivoire d’éléphant. En pleine vogue de l’art courtois, sous le règne de Charles V, cette dernière prend de l’ampleur grâce à des commanditaires privés, demandeurs de supports de dévotion, à l’image de ces deux panneaux formant diptyque qui étaient auparavant réunis par des charnières en argent. Si certains sujets profanes commencent à figurer, l’iconographie se tourne le plus souvent vers des thèmes religieux. Jadis polychromes (des traces de rouge subsistent), ces scènes sculptées en haut relief présentent d’une part la Vierge à l’Enfant entre saint Jean-Baptiste et sainte Catherine, et pour le second ivoire, la Crucifixion avec la Vierge et saint Jean au pied de la Croix. Ces compositions sont surmontées d’une triple arcature d’arcs en tiers-point sommés de gâbles fleuronnés… Légèrement antérieures au diptyque du Maître Mège, réalisé à Paris vers 1330-1350 (musée du Louvre), ces sculptures en miniature démontrent tout le talent de l’artiste à rendre l'expression des figures, et en particulier de la Vierge de douleur, proche de celle du diptyque du musée des beaux-arts de Dijon (inv. CA T 335). Leur auteur s’est par ailleurs inspiré de la statuaire, comme en témoignent les postures déhanchées des personnages, la fluidité des tissus superposés et le traitement des drapés, qui retombent en plis tuyautés.

Agenda
Autodidacte, Philippe Pasqua est un artiste qui marque les esprits par le regard sans concession qu'il a sur le monde et sa façon de décrire, avec réalisme et expressivité, la figure humaine. En témoigneront lors de cette vente deux techniques mixtes de l'artiste, Philippine 2010 et une œuvre Sans titre de la même année, à envisager à 6 000/8 000 € chacune. À la même hauteur sera proposé un diptyque en ivoire sculpté à Paris dans le deuxième tiers du XIVe siècle sur les thèmes de la Vierge à l'Enfant et de la Crucifixion. Parmi les œuvres d'art médiéval, nous remarquerons encore une croix de procession du XIIIe siècle en cuivre, donnat à voir le Christ en bronze, entouré de Dieu, de la Vierge et de saint Jean (5 000/6 000 €). Mais ce sont deux créations du XXe siècle qui domineront les estimations : une paire de potiches couvertes en marbre blanc et noir à base de porphyre à gradins à décor d'une guirlande de bronze, qui pourrait partir à 12 000/15 000 €. 
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