L’Auburn 851, une voiture art déco

Le 17 juin 2021, par Sophie Reyssat

Mythes automobiles, belles mécaniques et véhicules aux lignes racées sont sur la ligne de départ.

1935, Auburn 851 speedster supercharged, châssis n° 33 551 E, moteur n° GH 2950.
Estimation : 350 000/450 000 €, 
Adjugé : 360 000 €

Bien fournie en modèle rares, cette dispersion d’automobiles de collection aura pour vedette cette Auburn de 1935, sans doute la dernière circulant en France, la plupart des modèles étant aux États-Unis. La marque est en effet née dans l’Indiana, créée par Frank et Morris Eckhardt en 1900. D’emblée, elle se démarque par son luxe et ses finitions soignées. Malgré la Première Guerre mondiale et la crise de 1929, qui ont provoqué des changements de direction dans l’entreprise, celle-ci a toujours gardé le cap de l’excellence. Proposer la 851 en pleine dépression était un pari. Lancée en 1935, sa production s’est d’ailleurs arrêtée en 1937, avec la faillite de la marque. Si le moteur est hors normes pour l’époque, avec un huit cylindres en ligne de 4,6 l propulsant la voiture à plus de 160 km/h, c’est par sa carrosserie speedster, dessinée par Gordon Buehrig, que ce modèle impressionne le plus. Ses lignes profilées et ses volumes stylisés en «os de seiche» témoignent de la fascination de l’époque art déco pour la vitesse. La dispersion de trois collections mettra également Citroën en avant, dans des fourchettes de prix plus douces. Il faudra en effet prévoir entre 3 000 et 6 000 € pour six Traction ayant fait le tour de l’Australie, de l’Afrique du Sud et de l’Amérique du Sud avec leur propriétaire. Premier modèle du constructeur produit en 1919, une Citroën type A se démarquera pour sa carrosserie Boulangère – une version camionnette dont l’arrière ouvert est équipé d’un toit en toile –, la seule connue sur châssis court (6 000/8 000 €). Pour voir la mythique DS sous un autre jour, place à la 19 GT d’Hector Bossaert. Ce passionné de mécanique a en effet créé son propre coupé, plus court, plus bas, doté d’ailes arrière atypiques et garni de cadrans de style Jaeger, assorti d’une préparation moteur poussant la voiture à près de 170 km/h. De la dizaine de 19 GT produits, il ne subsiste plus qu’un coupé de 1963, celui proposé ce lundi (120 000/180 000 €).

Agenda

Le lundi 21 débutera à 14 h 30 avec des automobilia, qui mettront dans l’ambiance avec une plaque en bronze argenté d’Henry Dropsy pour le Trophée Targa Florio de 1929, figurant un coureur automobile au milieu de chevaux au galop (600/1 000 €). À partir de 15 h, deux Bugatti seront dans la course, chacune autour de 350 000 € : une type 38 de 1926 et une type 35 A de 1936. Tous les regards seront cependant attirés par les lignes exceptionnelles d’une Auburn 851 "speedster supercharged", produite en 1935 (350 000/450 000 €). Si la dispersion de trois collection fera honneur aux Citroën, une Renault Vivasport de 1934 sera également remarquée autour de 80 000 €. Adoptant le style queue de pie, cette YZ4 cabriolet est la seule carrossée par Chapron. Très cinématographique, elle a été immortalisée dans La Rumba en 1985, et dans Itinéraire d’un enfant gâté en 1988.

lundi 21 juin 2021 - 14:30 - Live
Fontainebleau - 9-11, rue Royale - 77300
Osenat
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