La symphonie pastorale de Jules-Émile Zingg

Le 16 septembre 2020, par Claire Papon

La vente de l'atelier de Jules-Émile Zingg comprend 110 peintures et 230 dessins estimés entre 100 et 5 000 €,  voilà pour les chiffres…

Jules-Émile Zingg (1882-1942), Printemps à Vauréal, huile sur toile, 65 80,5 cm.
Estimation : 3 000/5 000 


S’il est un artiste que l’on rencontre dans les catalogues de ventes, c’est ce natif de Montbéliard, fils d’un horloger suisse, venu à Paris visiter l’Exposition universelle en 1900, passé par la classe de Fernand Cormon aux Beaux-Arts. Cette dispersion lui est consacrée, les œuvres provenant de l’un de ses descendants. Une fois n’est pas coutume, on compte des portraits de son épouse Thérèse Dumont, altiste, et de ses enfants. En complément bien sûr de nombreux paysages. Si Zingg n’appartient pas au courant de la «réalité poétique», il s’en rapproche par sa thématique du bonheur. Rares sont les compositions ne mettant pas en scène des paysans et leur troupeau, des glaneuses dans les champs, des moissonneurs, une mère et son enfant au bord d’un lac, des pêcheurs en bord de mer, un bouvier et ses bœufs, des bûcherons sous la neige. Autant de silhouettes laborieuses… Paysagiste, il a arpenté la France en quête de motifs toute sa vie, de la Franche-Comté à la Bretagne – où il fréquente Maurice Denis et Paul Sérusier –, l’Auvergne, les Vosges, la Bourgogne, la baie de Somme, le Vexin, où il possède une maison. Exposé à partir de 1918 à la galerie Druet, où il a été introduit par Édouard Vuillard, avec lequel il est parti en mission aux armées, il participe aussi aux Salons des Tuileries et d’automne, passe chez Marcel Bernheim (1922, 1929, 1932), chez Drouant-David et Durand-Ruel (1949). Sans oublier les musées du château de Montbéliard et de Besançon. Labours, moissons et pâturages ne se démodent pas…
 

Panorama (avant-vente)

Dans l’atelier de Zingg

Conservés par un descendant de Jules-Émile Zingg (1882-1942), une centaine de peintures et plus de deux cents dessins seront dispersés par la maison Magnin Wedry, le lundi 21 septembre en salle 10, à Drouot (cabinet Chanoit), dans une fourchette de 100 à 5 000 €. À côté des portraits de l’épouse et des enfants de l’artiste, les paysages toutefois sont les plus nombreux. La présence humaine se fait la plupart du temps discrète, comme dans cette toile printanière offrant un point de vue plongeant sur Vauréal aux portes du Vexin (65 80,5 cm, autour de 4 000 €). Des campagnes de Murols à Villar d’Arène, les volumes simplifiés des maisons enneigées permettront d’apprécier la touche cézanienne du peintre, déclinée par plusieurs tableaux de montagne.

Agenda
Cent dix dessins et deux cent trente peintures dont les estimations oscillent de 100 à 5 000 € racontent la peinture de Jules Émile Zingg (1882-1942). Elles proviennent d'un des descendants de l'artiste et constituent le plus important ensemble et le plus complet jamais proposé à ce jour en vente publique. Le peintre a arpenté la Franche-Comté, sa région natale, mais aussi l'Auvergne et les Vosges, la Bretagne et la baie de Somme posant un pinceau délicat sur les paysages paisiblement habités.
mardi 22 septembre 2020 - 14:00 - Live
Salle 4 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Magnin Wedry
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