Rites aztèques de la culture Veracruz

Le 15 juillet 2020, par Claire Papon

Cette statue en céramique brun-rouge de la culture Veracruz figure à la fois la mort et la renaissance.

 

Cette statue anthropomorphe en céramique brun-rouge (h. 88 cm) de la culture Veracruz (côte du Golfe, Mexique, 900-1200) figure à la fois la mort et la renaissance. Tlacaxipehualiztli – comprenez l’écorchement des hommes en l’honneur de Xipe Totec, dieu du renouveau de la nature – était la plus impressionnante des nombreuses fêtes célébrées par les anciens Mexicains. Elle consistait à sacrifier de jeunes guerriers capturés au combat spécialement pour cette occasion. Le cœur du prisonnier était arraché, et son cadavre soigneusement écorché. De la peau de son visage on faisait un masque, de celle de son corps un costume sanglant. Devenu vêtement, il permettait aux prêtres et aux hommes du peuple de s’identifier à la divinité. Notre sculpture est annoncée entre 60 000 et 80 000 €, jeudi 23, salle 4, à Drouot, sous le marteau de Binoche et Giquello (Mezcala Expertises

Culte songye

Le 15 juillet 2020, par Claire Papon

Avec un siège royal bamileke, cette statue fétiche est la pièce la plus attendue d’un petit ensemble ayant appartenu au sculpteur Eugène Dodeigne.

Fétiche songye (République démocratique du Congo) en bois, cuivre, fer et corne, fin XIXe-début XXe siècle, h. 87 cm.
Estimation : 40 000/60 000 

Les Songye ont créé des sculptures impressionnantes aux traits puissants, souvent utilisées pendant les cérémonies secrètes où elles sont alors recouvertes d’accessoires comme des plumes, de la peau et une corne pleine de charge magique. Celle-là même que l’on aperçoit sur notre œuvre. Avec ses jambes courtes et trapues, sa tête imposante, ses yeux mi-clos en grains de café, ses formes anguleuses, ses bras collés au torse et ses mains posées sur son abdomen sphérique, notre fétiche est doté d’une rare présence. Destinées à protéger les habitations, ces figures servaient de médiateur entre dieux et hommes, les trous sur les bras permettant de présenter l’objet sans jamais le toucher. Certains accessoires, comme ici les plaques de cuivre entourant la bouche et le nez, permettaient d’augmenter leur puissance magique. Comme un tabouret à cariatide de léopard janus – animal royal par excellence chez les Bamileke (Cameroun) – en bois érodé, pour lequel 10 000/15 000 € sont espérés, ce fétiche a appartenu à Eugène Dodeigne (1923-2015), figure majeure de la sculpture contemporaine dont les œuvres monumentales en pierre à la figuration abrupte ont fait le succès. Aux volumes lisses inspirés des œuvres de Constantin Brancusi et de Hans Arp, succèdent, dès 1955, une figuration plus dépouillée et la technique de la pierre éclatée, imprégnée du travail d’Alberto Giacometti et Germaine Richier. « Une lutte amoureuse avec le caillou », selon ses mots…

Agenda
Le lever de rideau revient à un ensemble de poupées kachina dont une figurant en couverture de la Gazette n° 25 (page 6). Cap sur l'Afrique ensuite avec des objets issus de diverses collections comme un reliquaire kota (Gabon, 12 000/18 000 €) collecté par le gouverneur François-Joseph Reste en 1918 et conservé dans sa descendance, une statuette de chef teke (RDC) ayant appartenu à Bernard Duchaufour (20 000/30 000 €), d'autres ayant appartenu au sculpteur Eugène Dodeigne. Au chapitre de l'art précolombien, on a retenu une grande terre cuite xipe totec (60 000/80 000 €), un masque funéraire en céramique brune de la culture colima (période Yotoco, 15 000/20 000 €) et un masque funéraire de la culture mixtèque postclassique, en bois couvert de mosaïque (12 000/18 000 €).
jeudi 23 juillet 2020 - 14:00 - Live
Salle 4 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Binoche et Giquello
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