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Méduse starifiée par René Lalique

Le 10 novembre 2021, par Claire Papon

Le bijoutier et joaillier est l’un des grands noms de l’art nouveau puis de l’art déco, dont les créations en verre deviennent de plus en plus présentes après 1900.

Méduse starifiée par René Lalique
René Lalique (1860-1945), Medusa, pendentif figurant un visage de Méduse en pâte de cristal repolie de couleur bleu-vert, à monture en or jaune à inclusions de paillons d’argent figurant trois serpents, une perle baroque suspendue, h. 11 cm, poids 78 g.
Estimation : 200 000/300 000 Adjugé : 384 000 €

«Je ne connaissais pas de dessinateur en bijou, enfin en voici un.» Le compliment vient d’Alphonse Fouquet et s’adresse à René Lalique. Nous sommes en 1884, et celui-ci fait sa première apparition publique à l’Exposition nationale des Arts industriels, organisée à l’occasion de la présentation des diamants de la Couronne dans la salle des États, au Louvre. Il n’a que 24 ans. Une longue et brillante carrière l’attend. Si notre pendentif n’est pas daté, il est une pièce unique et, comme le vase Cluny, tout en contraste de matériaux. Bronze et verre pour ce dernier, or jaune, émail à inclusions de paillons d’argent, et pâte de cristal réalisée à la cire perdue repolie pour notre bijou. Sans oublier une perle baroque, que le bijoutier, s’inspirant de la Renaissance, appréciait, comme l’émail. Quant aux motifs, ils associent des serpents et le visage de Méduse. Monstre de la mythologie grecque dont les cheveux étaient faits de serpents venimeux, après avoir été une très belle jeune femme, Méduse avait le pouvoir de transformer en pierre celui qui la regardait… Détail qui a son importance : notre bijou a appartenu à Élizabeth Taylor. L’actrice disait n’avoir eu que trois grands amours dans sa vie : Mike Todd, Richard Burton et les bijoux… À ses côtés pourraient être également disputés un vase en pâte de verre d’Henry Cros à décor de personnages cueillant des pommes dans un parterre de lys (10 000/12 000 €), un ensemble de bijoux et de pièces de forme en argent martelé de Jean Després, dont un collier moderniste vers 1970 (6 000/8 000 €), et une lampe des établissements Gallé (1904-1936) dite «aux oranges», en verre triple couche dégagé à l’acide, montée en bronze ciselé d’ornements végétaux. Connue jusqu’à aujourd’hui à quelques exemplaires – dont un conservé au Nitori Museum of Art à Otaru au Japon –, cette lampe rivalise avec celle dite «aux glycines», par son côté spectaculaire. 60 000/80 000 € pourraient être nécessaires pour se l’approprier.

Agenda

C'est à hauteur de 200 000/300 000 € qu'il faut prévoir de lever la main si l'on se déplace pour une pendentif en or jaune et pâte de cristal figurant Médusa, par René Lalique. Cette pièce unique a appartenu à Élisabeth Taylor. Une lampe "aux oranges" des établissements Gallé est estimée 40 000/60 000 €, quand une commode de Jacques Adnet, en placage d'ébène de Macassar et noyer blond à caisson cubique (vers 1928-1930), est espérée à 5 000/8 000 €, une grande sculpture de Michel Zadounaisky, Trois serpents, en fer forgé martelé (1934) l'est à 40 000/50 000 €, un tapis en laine polychrome à décor floral d'après un carton de Suzanne Lalique réalisé pour le paquebot, Le Paris qui fit sa première traversée en 1921, est estimé 10 000/15 000 €.

Arts décoratifs du XXème siècle
mercredi 17 novembre 2021 - 15:00 (CET) - Live
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