Leleu entre tradition et modernisme

Le 26 novembre 2020, par Claire Papon

Il est l’un des plus grands parmi les décorateurs de la première moitié du XXe siècle. Une trentaine de meubles de Jules Leleu racontent l’évolution de son travail.

Jules Leleu (1883-1961). Cabinet Feu d’artifice à caisson galbé en placage d’ébène de Macassar ouvrant par une porte à décor marqueté d’incrustations de nacre et d’ébène du Gabon à motifs floraux, 140 80 35 cm.
Estimation : 12 000/18 000 

Tables à jeux, bureaux, chaises, fauteuils, buffets, enfilades, tabourets, commodes, miroirs, consoles… l’inventaire est presque complet des productions de celui qui dessine ses premiers meubles à partir de son retour de captivité en 1918, et montre ses œuvres exécutées dans les ateliers d’ébénisterie de son frère à Boulogne-sur-Mer pour la première fois au Salon des artistes décorateurs, en 1922. Il collabore ensuite à la décoration de paquebots, au salon et à la salle à manger d’«une ambassade française» à l’exposition des Arts décoratifs et industriels de 1925. Les estimations des meubles présentés oscillent de 600/800 € à 15 000 € environ. Si certains proviennent de divers amateurs, d’autres sont issus d’une collection européenne et tous ont vu le jour au milieu des années 1950. Tel est le cas de ce cabinet Feu d’artifice réalisé d’après un modèle créé en 1938 (voir photo), de deux commodes à caisson galbé à portes, en bois de placage exotique à décor de nacre stylisant des damiers pour l’une (7 000/9 000 €), des fleurs pour l’autre (10 000 €). Tous rappellent le goût de Leleu pour les époques Louis XV et Louis XVI, des matériaux chauds, des piétements effilés, un style sévère et dépouillé rehaussé parfois de motifs en ivoire ou en nacre et de bronzes. Moins connus sont ses meubles laqué, lames d’acier qu’il associe au marbre, au bois ou au laiton doré, exécutés entre 1950 et 1960. Là encore, la primauté est donnée à la sobriété, des lignes comme des décors. Et au classicisme…

Agenda
Un artiste est particulièrement bien représenté dans cette vente, c'est Jules Leleu, dont une trentaine de meubles, sièges et miroirs illustrent le travail des années 1940 à 1960. À ses côtés, une lampe en fer forgé des frères Muller et Chapelle figurant une cigogne enserrant une tulipe en verre gravé pourrait s'envoler à 3 500/4 000 €, un pendentif en or et ivoire sculpté d'un visage de femme khmer d'Eugénie O'Kin entre 4 000 et 6 000 €, une sculpture chryséléphantine de Demeter Chiparus, Les Amis de toujours à 10 000/15 000 €. 8 000/10 000 € sont avancés de l'ancien bureau d'apparat personnel de Michel Roux-Spitz (1888-1957), en bois teinté à plateau de marbre brun, et prises en bronze argenté (vers 1930), tout comme d'un service de Jean Després en argent et ivoire (plateau, théière, cafetière, sucrier, deux verseuses), 5 000/8 000 € d'une table basse à caisson cubique (vers 1940) de Jean Pascaud en bois laqué découvrant un bar tournant et un miroir. De Pablo Picasso, un pichet en faïence blanche à décor polychrome de cavalier et de cheval (20/300) nécessitera 8 000/12 000 €.
jeudi 03 décembre 2020 - 03:00 - Live
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