Le Modulor de Le Corbusier

Le 01 avril 2021, par Claire Papon

Qui est donc ce grand bonhomme rouge à la carrure d’athlète ? C’est le Modulor mis au point par Le Corbusier entre 1942 et 1950, sorte de maître-étalon universel pour les habitations et le mobilier.

Charles-Édouard Jeanneret dit Le Corbusier (1887-1965), Le Modulor, Novopan découpé, éléments rapportés en relief, ensemble laqué rouge, 178 72 cm.
Estimation : 100 000/150 000 
© FLC-ADAGP

Au cours de l’été 1958, à Roquebrune-Cap-Martin, deux personnages Modulor, l’un bras levé, l’autre bras baissé, sont dessinés sur des panneaux en Novopan et leurs éléments mis en relief par Le Corbusier, puis découpés et peints par Charles Barberis, entrepreneur en menuiserie d’origine corse installé à Villeneuve-Loubet, afin de fabriquer et livrer les nombreuses commandes issues des chantiers de l’architecte. Cette silhouette humaine est le fruit de nombreuses années de recherches mathématiques, morphologiques et humanistes. Le travail prend forme en 1950 avec la publication d’un essai, et cinq ans plus tard avec un second opus regroupant des applications, des critiques et une discussion sur ce Modulor devenu indispensable à son inventeur. La bonneterie Claude et Duval à Saint-Dié-des-Vosges, la Cité radieuse de Marseille, le couvent de la Tourette, les maisons Jaoul à Neuilly-sur-Seine, les institutions de Chandigarh, la chapelle de Ronchamp, et le cabanon de Roquebrune-Cap-Martin – archétype de la cellule minimale (mesurant 3,66 mètres sur 3,66 et 2,26 mètres de hauteur), habillée de bois et éclairée par deux fenêtres – sont la preuve que le Modulor convient à tous les bâtiments… Offertes par Le Corbusier à Charles Barberis, les deux silhouettes sont exposées dans l’entreprise de ce dernier jusqu’en 1965. Celle au bras levé a été acquise il y a quelques années par le Centre Pompidou, la nôtre a été cédée à Guy Rottier (1922-2013), architecte et collaborateur de Le Corbusier.

Agenda
Une figure domine cette dispersion : celle de Le Corbusier, né Charles-Édouard Jeanneret. Sont annoncés entre autres du célèbre architecte, un escalier de douze marches à claire-voie en chêne à main courante en métal laqué blanc exécuté pour un immeuble à Rezé-les-Nantes (5 000/8 000 €), mais surtout son Modulor bras baissé, personnage en Novopan rouge permettant de concevoir la taille et la structure de ses habitations (100 000/150 000 €). À leurs côtés une vitrine de salon Martins-pêcheurs en noyer mouluré sculpté d'Émile Gallé nécessitera 30 000/40 000 €, un exemplaire du secrétaire Tibattant en placage de loupe d'amboine rehaussé d'ivoire, d'Émile-Jacques Ruhlmann, 40 000/60 000 €, alors qu'un fauteuil de repos en fer tendu de toile rouge de François Turpin requerra 5 000/6 000 €. Issue de l'hôtel Ellington à Nice, une spectaculaire console en fer forgé patiné bronze, rythmée de quatre piliers en terre cuite décorés de têtes du dieux Hermès, est annoncée à 12 000/18 000 €, une vitrine de présentation de Gilbert Poillerat en fer battu à motifs de volutes, rinceaux et flammes entre 15 000 et 20 000 €, une enfilade de Jean Royère en placage de palissandre et ronce d'érable – variante de celle créée pour monsieur Boutros-Ghali au Caire en 1948 – autour de 20 000 €. Comptez 25 000/35 000 € pour espérer décrocher un exemplaire de la suspension 2109/16 créée en 1962 par Gino Sarfati (édition Arteluce) en aluminium laqué doré et globes en verre bullé, 15 000/20 000 € pour une grande lampe (modèle "2048") de Fontana Arte, à fût en acier bordé de lames profilées et chanfreinées en verre teinté accueillant un abat-jour formant tambour circulaire en tissu blanc.
jeudi 08 avril 2021 - 15:00 - Live
Espace Tajan - 37, rue des Mathurins - 75008
Tajan
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