Mystérieux protecteur du Baphûon

Le 08 juin 2021, par Claire Papon

Importante par ses dimensions, cette représentation d’une divinité khmère rappelle l’art délicat du Baphûon.

Cambodge, période khmère, Baphûon, XIe siècle. Statue de divinité protectrice (deva) en grès gris, assise en position de délassement, h. 68,5 cm.
Estimation : 40 000/50 000 

Malgré quelques manques et accidents, c’est l’originalité de sa position qui devrait lui valoir une belle bataille d’enchères. Plus nombreuses en effet sont celles représentées debout. Celle-ci est assise en position de délassement, le sampot finement plissé retombant en un large pli, tenant une dague de la main droite, les cheveux tressés et relevés en un haut chignon, le torse, les bras et les chevilles ornés de bijoux ciselés de motifs végétaux. Il est impossible toutefois d’identifier cette divinité protectrice. Celle-ci a été prélevée de son site religieux sans l’animal qui lui sert de véhicule et sur lequel elle était assise. Quant à son épée, elle ne constitue pas un attribut suffisant, d’autres devas en étant eux aussi munis. Dans l’hindouisme, ces dernières sont des personnages surnaturels symbolisés par leur iconographie. Ainsi Shiva est représenté avec un troisième œil au milieu du front, symbole d’éternité et de sagesse. Vishnou est reconnaissable à sa conque, symbole de la création et de l’océan primordial, à son arc, ses flèches et son carquois, à son disque à six rayons comme les six pétales de la fleur de lotus, tandis que Brahma est sculpté avec quatre têtes et quatre bras. Construit vers 1060, le temple du Baphûon fait partie de l’ensemble monumental d’Angkor, dans le nord-ouest du Cambodge. Dégagé et restauré pour la première fois au début du XXe siècle, il est démonté bloc par bloc à la fin des années 1960. Mais ces ruines seront à nouveau laissées à l’abandon pendant plusieurs décennies, suite aux conflits ravageant la péninsule indochinoise.
 

Agenda
Destinée aux amateurs d'objets du Japon, la première partie de cette vente comprend un bel ensemble de netsuke et d'okimono en bois ou en ivoire qu'accompagne une statuette de Shô-Kannon en bois à traces de polychromie, d'époque Kamakura (1185-1333), debout sur un socle en forme de fleur de lotus, vêtue d'une longue robe plissée (15 000/20 000 €). On suivra ensuite une stèle en granite d'Inde du Sud (XVe siècle) représentant Lakshmi, à quatre bras, tenant ses attributs le lotus et le rosaire (5 000/6 000 €), une statue de divinité protectrice en grès gris du Baphuon (40 000/50 000 €), une figure de bouddha muchalinda d'Anghkor Vat (XIIe siècle) déployant ses sept têtes au-dessus de lui (10 000/15 000 €). Succédant à un fort ensemble de flacons tabatières, une encre et couleurs sur soie de la fin de l'époque Ming représentant Laozi assis sur un chariot tiré par un grand éléphant blanc paré nécessitera 15 000/20 000 €. Rappelons que l'éléphant blanc est un symbole de bonne fortune et de paix dans la culture traditionnelle chinoise…
lundi 14 juin 2021 - 14:00 - Live
Salle 16 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Tessier & Sarrou et Associés
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne