Collection Saint-Loubert-Bié

Le 16 septembre 2020, par Claire Papon

Cent quarante porcelaines chinoises composent la collection de ce couple de passionnés, tombés sous le charme des « bleu et blanc », en Thaïlande.

Chine, époque Wanli (1573-1620), kendi en forme de crapaud en porcelaine décorée en bleu sous couverte de fleurs de prunus et grenades stylisées, la prise (postérieure) en argent surmonté d’un petit crapaud, h. 16,8 cm.
Estimation : 5 000/6 000 


On dit que l’immortel Liu Hai possédait un crapaud à trois pattes, symbole de l’inaccessible. Rien d’impossible à première vue pour l’amateur qui se risquerait dans cette salle, le premier coup de marteau toutefois étant espéré entre 800 000 et 1,2 M€ sur un vase à décor d’immortels taoïstes (voir l'article Huit immortels pour un vase deux fois impérial  de la couverture de la Gazette n° 30, page 8). Ceci est une autre histoire… C’est lors d’un poste en Thaïlande qu’Alain Saint-Loubert-Bié – ancien élève de l’École polytechnique et écuyer au Cadre noir de Saumur – et sa femme découvrent chez un marchand de Bangkok la porcelaine «bleu et blanc». Le virus, inoffensif celui-là, est pris. Patiemment, ils construisent leur collection au fur et à mesure de leurs déplacements en Asie, mais aussi en ventes aux enchères en Europe et auprès des marchands. Toutes les époques sont représentées, de la dynastie mongole des Yuan (1279-1368) jusqu’aux bleus de Hué, de la fin du XIXe, en passant par les productions des dynasties Ming, Wanli, Yongzheng, Kangxi, Qianlong, sans oublier les pièces de l’ancien Annam du XVe au XVIIe, et celles fabriquées pour la Compagnie des Indes. Utilisés pour la première fois au XIIIe siècle par les potiers persans, dont les artisans mongols adoptent la technique, les «bleu et blanc» apparaissent en Chine du Sud, notamment à Canton. Là, de puissants marchands arabes voient dans ces productions, dont la taille ne cessera d’augmenter, un formidable produit pour leurs exportations. Jarres, pipes à eau, verseuses, oreillers, assiettes, coupes, bols, potiches, soupières, bouteilles, chauffe-plats… la collection offre un bel éventail des productions et des décors, abstraits ou figuratifs, remplissant pour certains la totalité de la pièce d’un bleu intense. Estimés d’une centaine d’euros à 5 000 €, ces objets ont partagé le quotidien de nos collectionneurs dans leur manoir des Évêques à Canapville, près de Deauville. Et étaient accessibles au visiteur souhaitant s’instruire… ou voyager.

Agenda
Tous les regards seront tournés vers le premier lot de la vente… Et pour cause, il s'agit d'un vase lanterne d'époque Qianlong en porcelaine émaillée polychrome et or de la famille rose à décor d'immortels taoïstes traversant la mer de l'est pour se rendre à l'anniversaire de la Reine mère de l'ouest. Ce précieux objet rapporté par le capitaine Antoine Laporte en poste à Pékin au début du XXe siècle et grand donateur au musée Guimet à Paris a figuré en couverture de la Gazette n° 30 (voir page 8). Il est attendu entre 800 000 et 1,2 M€, voire plus si affinités… On poursuit avec la collection de bleu et blanc d'Alain Saint-Loubert-Bié, des porcelaines chinoises réalisées au XIXe pour la Thaïlande (est. 300/800 €), quelques bronzes et une stèle de la période khmère du style du Bayon (XIIe-XIIIe siècle) en grès gris sculpté en haut relief de sept apsaras dansantes (25 000/30 000 €).
vendredi 25 septembre 2020 - 14:00 - Live
Salle 9 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Auction Art Rémy Le Fur & Associés
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